Noces de feu
Fosses à nœuds
Nonnes osseuses
Fesses à vœux
Noces de feu
Fosses à nœuds
Nonnes osseuses
Fesses à vœux
Le gland du gars Godo.
La gare d’Agathe au vent.
L’aveu sans gants.
Le glas du gros.
J’ai déjà écrit plus de 850 titres, et la plupart sont excellents.
À raison de dix par page, ça ferait presque un petit livre.
Rhétorique du plein-emploi
Prix unique du tiers-état
Ta tunique me tralala.
Cela arrive-t-il que le géomètre s’oublie, que le charcutier s’enraye, que le dentiste s’insinue ?
Cela se peut-il que la droite rétorque, que le point riposte, que le cercle racole ?
Cela viendra-t-il que le chant des galets guérisse, que l’odeur du dimanche instruise, que le goût du dehors énerve ?
Et qui fera rougir l’océan ?
Écrire pour dire, pour montrer aussi, pour féconder même.
La création, c’est autre chose ; il fallait arriver le premier.
Curieuse proximité lexicale entre planer et planifier.
Prends soin de tes mots.
Ne les oublie pas dans ta voiture en plein soleil, ne les séquestre pas au fond de ton cœur saignant, ne les jette pas après usage et cesse de les astiquer comme l’argenterie le dimanche matin.
Toutes les nuits ne se valent pas. Celle-là fut poisseuse et raturée.
Égaré, hagard et mal garé, je suis docilement le parcours fléché de nos excitations vitales, feignant d’ignorer − que sais-je, moi, de la rotondité de la Terre ? − qu’il n’y a ni fin ni issue, juste le retour du même, inlassablement décalé, et cette musique numérique, efficace des pieds au cerveau et retour.
Au-delà du centième signe, votre dit sera blanchi.
L’essentiel est à ce prix : lui suffisent trois mots deux lignes.
N’efface pas, réécris.
À la frontière du sens, au seuil de l’absurde ou au bord du silence, non pas parler d’ailleurs, pas seulement dire autre chose, pas non plus − mais c’est déjà bien − inverser les choses ou changer d’accent, mais s’essayer à un autre-dire, se risquer à une alter-parole, comme une langue étrangère que l’on comprend pourtant, comme un inconnu dont on se souvient, comme une invention fidèle, comme une multitude qui ouvre.
Droite ou gauche ?
Calon ou Ségur ?
BHV ou RTL ?
Parménide ou Héraclite ?
Il ou elle ?
OSG ou PM ?
Chatte ou chienne ?
Le klaxon de la mariée
La marchande avariée
Le champagne en plastique
Ma compagne en mercatique
L’ouverture de la chasse
La déprime à la casse
La douchette de ma caissière
En cachette sous sa visière
Dimanche, jour de débrouille.
Deux belles couilles de chevreuil
Une andouille au cerfeuil
Suis niguedouille mais pas en deuil
La ratatouille pour le cercueil.
La vie sans répit
Le vin sans pépins
La mort sans remords
Le pain sans rupins
Bescherelle t’a tuer
Une carte bleu de méthylène
Un mariage blanc de céruse
Un travail au noir de carbone
La vie en rose dragée
La mer est calme ce matin, il fait doux et sec. Le boulanger est déjà remonté se coucher. Je vais leur lire le paragraphe 32 de Sein und Zeit. Ils vont adorer.
Mou et collant comme un dimanche soir.
Dire juste ?
Non, juste dire.
Que donne-t-on quand on donne un ordre et que prend-on quand on prend un virage à droite ?
on voit bien que le geste ne fait pas la danse, que le trait ne fait pas le tableau, que le souffle ne fait pas le chant, alors pourquoi ne voit-on pas que le mot ne fait pas le poème, qu’il faut encore faire ses gammes et ses exercices à la barre, chaque matin, malgré les courbatures, malgré l’immense silence qui parfois couvre tout de sa tyrannie blanche, qu’il faut passer en force et faire parler le caillou, le nuage qui ne savent ni l’anglais ni le langage des muets, qu’il faut user la mine et raturer la main qui se croit mandatée par les larmes de l’ombre ou l’éclair déployé,
Le plus court n’est pas toujours le moins long,
et le plus cher rarement le moins bon,
mais, si le moins lourd est souvent le plus rond,
le plus sourd n’est jamais le moins blond.