11 septembre 2008
4
11
/09
/septembre
/2008
02:52
Est-on philosophe quand l’on fait des mots les vils manutentionnaires de nos nobles idées ?
Est-on poète quand l’on fait des idées les excédents inadéquats de nos profondes intimités ?
J’attends le petit malin qui parviendra à me donner que le recto sans le verso.
5 septembre 2008
5
05
/09
/septembre
/2008
02:49
Quand on dit d’un événement qu’il a eu lieu, on ne signifie pas qu’il s’est passé ici ou là, on ne fait pas référence à sa localisation.
Cela doit nous aider à comprendre qu’un lieu n’est pas un point situé sur une carte mais un endroit qui fait sens, le petit pont derrière la maison, le virage où j’ai eu mon accident, le mur de
Berlin…
Ce n’est pas l’espace qui est d’abord là, où l’événement vient ensuite se passer ; c’est l’événement qui donne (lieu au) lieu.
28 août 2008
4
28
/08
/août
/2008
02:15
Dans les expressions « prendre son temps » ou « perdre son temps », il faut remarquer l’adjectif possessif.
Le seul temps qui soit nôtre, c’est le présent – si l’on sait ne pas le confondre avec l’instant.
Alors cessons de ressasser et arrêtons d’attendre.
19 août 2008
2
19
/08
/août
/2008
02:07
La présence est trop étroite pour l’homme.
Heureusement,
nous avons la fidélité et le rêve pour prendre nos aises.
18 août 2008
1
18
/08
/août
/2008
02:45
Le langage parle pour nous – les mots se souviennent et nous précèdent.
Le langage parle par nous – les mots sont muets et sans colère
16 août 2008
6
16
/08
/août
/2008
02:15
Il est des philosophes qui résonnent longtemps encore après avoir parlé.
Le « résonnement », vous savez, c’est cette voix amie, étrange et familière, dont on ne sait pas toujours dire si elle vient du dedans ou du dehors.
15 août 2008
5
15
/08
/août
/2008
02:17
On apprend peu. Une seule vie, ce n’est pas assez.
On se baigne toujours dans le même marigot.
5 août 2008
2
05
/08
/août
/2008
02:48
Possible s’oppose moins à impossible qu’à impuissant.
Allons-ensemble (comme disaient les latins) et fécondons le réel.
4 août 2008
1
04
/08
/août
/2008
02:38
L’ignorance aveugle ; le savoir rend sourd.
31 juillet 2008
4
31
/07
/juillet
/2008
02:27
Elles sont belles ces frises chronologiques qui ornent les murs des classes mais elles ont le tort de laisser croire que nous nous
déplaçons sur la ligne du temps, que le passé est dépassé et que l’avenir, encore à venir, peut attendre.
29 juillet 2008
2
29
/07
/juillet
/2008
02:33
La puissance, ce n’est pas la force de l’État, c’est le pouvoir du possible.
27 juillet 2008
7
27
/07
/juillet
/2008
02:20
Je signale aux amateurs de citations que « pourquoi y a-t-il quelque chose et non pas plutôt rien garé sur ma place de parking » n’a jamais été écrit par Leibniz.
D’ailleurs le mot parking n’est entré dans le vocabulaire français qu’en 1925, il vient de l’anglais to park dont la première occurrence remonte à 1529, qui était lui-même un
emprunt du français parc (1259).
Cela étant, on ne peut rien en déduire puisque Leibniz écrivait en allemand et en latin.
21 juillet 2008
1
21
/07
/juillet
/2008
02:47
Accueillir sans fatigue les regards qui oublient, les silences qui distancent, souffrir sans douleur les absences qui décentrent.
Et apprendre le séjour en Périphérie.
1 juillet 2008
2
01
/07
/juillet
/2008
02:51
Exercez-vous au possible le plus souvent possible.
Et ne croyez pas ceux qui vous disent qu’il n’est pas possible.
25 juin 2008
3
25
/06
/juin
/2008
02:04
Ils sont agaçants ces philosophes à toujours partir avant la fin nous laissant seuls, inquiets et sur notre faim.
Mais ne sont-ce pas les scientifiques les coupables qui rassurent et rassasient, communiquent et toujours répondent ?
Pour moi, mais je ne suis pas un modèle d’impartialité, la philosophie est apéritive, la science gavante.
14 juin 2008
6
14
/06
/juin
/2008
02:01
Accéder à son désir joyeusement récité suppose d’abord qu’on le risque dans l’explication, toujours approximative, jamais pleinement comprise, souvent suspecte.
Le dialogue des désirs, tel est le plus grand défi des relations amoureuses.
18 mai 2008
7
18
/05
/mai
/2008
02:03
Fabriquer du sens, produire des métaphores, investir le possible, choisir l’entreprise… et reconquérir ces mots et ces choses que le marché a confisqués.
Laissons la création au ciel et ses nuages et le travail aux machines et leur folie indolore.
17 mai 2008
6
17
/05
/mai
/2008
02:53
Possible doit se protéger sur deux fronts : l’impossible et le nécessaire.
Et cela le rend bien sympathique, cela lui donne un côté rebelle généreux, inventeur imprévisible, imaginatif fougueux.
Et pourtant, nombreux sont les adeptes de l’impossible – fatigués et démissionnaires – et les sectaires du nécessaire – étroits et dogmatiques.
29 avril 2008
2
29
/04
/avril
/2008
02:41
Les coûts et les douleurs, ça se discute. Ça occupe même la quasi-totalité des discussions.
Et pourtant, l'essentiel n’a-t-il pas plutôt à voir, en un sens, avec la dépense et la santé ? Prodigalité vitale, saine générosité.
24 avril 2008
4
24
/04
/avril
/2008
02:37
Parfois, rarement, il s’acoquine avec un quotidien peu fréquentable, le concept.
Il y perd en tenue, il y gagne en consistance.
23 avril 2008
3
23
/04
/avril
/2008
02:02
Il est des jours qui finissent, malgré eux et non sans résistance, victimes de la nuit, envahisseur inexorable qui refuse tout débat.
Il est des matins qui font irruption, violents et suffisants, achevant nos nuits inachevées, honteuses et sans recours.
Tyrannie de l’horloge, ce despote métronomique, qui régule nos rythmes, cadence nos pas et se joue de nos désirs.
19 avril 2008
6
19
/04
/avril
/2008
02:24
« Ce qui ne me tue pas me blesse », Fred Niche.
12 avril 2008
6
12
/04
/avril
/2008
02:18
Le temps parfois s’impatiente et, très injustement, accélère et brouille les cartes. Mais le plus souvent, discret et silencieux, plein de cette sérénité que seule la certitude de ne jamais
perdre peut donner, il attend son heure, renonçant à prendre la main.
Ça ferait un redoutable joueur de poker.
17 mars 2008
1
17
/03
/mars
/2008
04:10
Poncées, vernies, sans rides ni poussière, ordonnées et toujours à leur place, certaines vies, comme des meubles très utiles, à trop demeurer, mobiliers immobiles, deviennent
transparentes et accélèrent ce qu'elles veulent ralentir.
15 mars 2008
6
15
/03
/mars
/2008
04:07
Il faut, pour ex-ister, comme le laisse deviner le préfixe, être, en un sens, déplacé, décalé, destitué, détrôné. D’où nous vient alors ce double culte de l’ordre et du
dedans ?