Être n'est pas avoir, et, c'est acquis, nous ne sommes pas ce que nous avons.
Mais exister, c'est-à-dire devenir, ce n'est pas être non plus. Car être c'est avoir le temps, ou croire pouvoir le posséder.
Alors : « n'aie ni ne sois, deviens ».
Être n'est pas avoir, et, c'est acquis, nous ne sommes pas ce que nous avons.
Mais exister, c'est-à-dire devenir, ce n'est pas être non plus. Car être c'est avoir le temps, ou croire pouvoir le posséder.
Alors : « n'aie ni ne sois, deviens ».
- Qui suis-je ?
- Mais tu es toi voyons ! (rires)
Et Ontologie remercia Grammaire, qu'elle trouvait beaucoup plus sympathique que Théologie.
Qu'on l'accélère ou le ralentisse, qu'on l'infléchisse ou le retienne, bref qu'on le prenne et le donne. Voilà bien ce qu'il doit attendre.
Au lieu de cela, le plus souvent, on le perd, on le laisse passer.
Alors, résigné, il passe.
Le temps.
Le filaos, léger et délicat, envie le vol élégant du paille-en-queue : « je saurais bien faire l'oiseau, moi aussi, sans ces racines grossières qui m'enchaînent et me condamnent à n'être qu'un mauvais parasol pour peaux d'enfants ingrats ».
L'infini n'est pas habitable.
Lui manque les limites qui finissent et définissent ; lui manque le début et la fin qui donnent sens ; lui manque les bornes qui donnent lieu.
Durer, ce n'est ni perdurer ni indurer, c'est devenir, c'est-à-dire passer et transmettre
L'humanité, c'est-à-dire l'histoire, commence avec l'entrée en scène de l'amant : le troisième homme.
Avant on est enfermés dans un jeu de miroir infini mais statique.
Le temps long venge le génie.
Et l'absence de l'intéressé signifie que la chose ne lui appartient pas.
On ne naît pas vierge, on ne le devient pas non plus.
La naissance prive l'existence de commencement et la mort confisque sa fin.
L'alibi, lointain paradis moral qui dispense de s'acquitter du devoir de réalité.
Nous avons essayé l'ordre et la raison, et c'était une hypothèse de travail légitime, il faut le souligner.
Mais à l'évidence ça ne marche pas.
Alors pourquoi ne pas tenter maintenant le trouble et l'imagination.
Honnêteté et mémoire sont des qualités qui font assurément de bons historiens mais de mauvais philosophes.
Il y a dans la passion de l'origine l'illusion tragique que s'y loge la vérité en sa pure authenticité.
Et l'on convoque l'histoire et la somme de nous révéler enfin le vrai commencement, afin de chasser, titre de propriété dûment certifié par la science en main, les occupants tardifs et illégitimes.
Tyrannie du réel qui s'acharne à ridiculiser nos rêves.
Inconséquence du rêve qui s'évertue à ignorer le réel.
En plus j'ai perdu mon plan de métro.
Tout roucoule.
On ne peigne jamais deux fois la même veuve.
La passion des origines comme l'espoir de l'au-delà, fréquents chez les exclus et les dominés, se nourrissent le plus souvent d'un revanchard mais patient ressentiment - pour le plus grand bénéfice des repus qui occupent le terrain.
La forme sait la matière.
La matière peut la forme.
L’aventure est une chose, l’errance une autre.
Ne saurait larguer les amarres que celui qui laisse à terre un anneau solidement scellé.
La mémoire est bavarde et fatigue.
Il y a une innocente amnésie au cœur de toute grande révolution.
L’ignorance cumule parfois, non sans paradoxe, défaut de savoir et excès de certitudes.