Il y avait chez lui comme une profonde inaptitude à l’imprévisible, et toujours, il cherchait à résorber l’aléa, annexer l’avenir et sécuriser l’impondérable.
Il y avait chez lui comme une profonde inaptitude à l’imprévisible, et toujours, il cherchait à résorber l’aléa, annexer l’avenir et sécuriser l’impondérable.
Le « bon sauvage » n’est ni bon ni sauvage. Juste une belle image.
Un tartuffe sommeille en tout croyant. Prions à voix basse.
Ce n’est pas un moindre paradoxe que l’âge des GPS, adresses IP et puces RFID soit aussi celui de la perte des repères.
Des souillons nichent parfois au creux de palais nacrés sans qu’aucune sultane dans aucun galetas jamais ne gîte.
Tu boites, homme d’un seul voyage, et tournes en rond avec une jambe plus courte.
À tout le moins tu marches.
L’envie de neuf cache parfois l’ennui du vieux qui cache parfois l’enflure du vide qui cache parfois la vie qui fane qui cache parfois la fin qui vient.
C’est assez grave.
Où vas-tu petit homme avec ce coin fiché en pleine tempe ?
Beau capitaine, ô si beau mon capitaine,
fermement haubané, souplement chaloupé,
tu captives et embarques,
moustache fine et frangée par l’écume,
tu calcules et régules et jamais ne capitules.
Tu parades et accapares, et toujours en capitales,
tu ratures et encapsules et tu tortures,
bref au mouillage, fringant dans la vague,
tu taillades à fleur de mer
et traques le retrait et scrutes l’inconnu.
La mémoire, non pas pour revenir ou garder mais pour changer encore.
Elle était belle et parlait couramment russe mais elle commençait invariablement chacune de ses phrases par un sinistre « c’est dommage… ». Ça m’a vite agacé et pourtant, elle était vive et sentait bon. Dommage.
Le rêve donne le tournis : toutes ces vies possibles, tous ces voyages, tous ces livres que l’on aurait pu écrire et toutes ces rencontres inoubliables qui n’orneront jamais notre mémoire, toutes ces éventualités sacrifiées pour une seule, définitivement désolante.
Le rêve est un concurrent déloyal.
Que sais-tu de l'âme toi qui as oublié le souffle ?
Libre et fidèle comme un reflet.
Le bateau rêve de la maison sur la rive, fidèle et accueillante, qui rêve du bateau sur le fleuve, rebelle et audacieux.
Être invité ou ne pas l’être : tel est l’angoissante question.
Il y en a déjà, à quinze ans à peine, qui imposent au monde leur autobiographie. D’autres toujours, à quatre-vingts ans passés, dessinent des nuages et oublient leur parapluie.
Un jour peut-être, la marche ou le rire seront inscrits au programme de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Alors à côté, la crise de la dette, c’est du pipi de chat.
Elle s’agitait, parlait fort et marchait vite, espérant ainsi larguer ses mauvais souvenirs et couvrir leurs derniers échos.
Et tu voudrais en plus que le ciel s’obscurcisse à chacun de tes caprices.
Il est fort regrettable que l’on ne commence pas d’abord par la fin : fin de la course, fin de la vie, fin du film. On y perdrait un peu en illusions, on y gagnerait beaucoup en modestie et, last but not least, on se départirait de ce chancre ravageur, l’esprit de sérieux.
Allez fougueusement jusqu’au bout de vos rêves, touchez le mur, basculez et revenez en changeant de nage.
La lente et inévitable histoire d’un cordon, progressivement tendu jusqu’à la rupture.
Je note − mais si cela est bien approximatif quant aux dates et fort hasardeux quant à l’inférence logique (et vos reproches seraient légitimes !) c’est empreint pourtant (concédez-le moi, je n’ai, d’ailleurs, d’autre prétention que celle d’être un « listeur » et je préfère les catalogues aux organigrammes) d’une naïveté pure de toute trace de malveillance cynique − une bien curieuse coïncidence entre des événements majeurs ou quantitativement notoires lors même qu’ils semblent n’avoir aucun rapport : je pense aux différents mouvements de décolonisation, d’une part, et à l’augmentation exponentielle, d’autre part, du nombre d’animaux domestiques (tellement choux, il est vrai, pour certains !).
Il avait la pensée irritée par d’urticantes doctrines et la soulageait par l’application superficielle d’apaisantes romances.