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C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
  • : LA PHRASE DU JOUR. Une "minime" quotidienne, modestement absurde, délibérément aléatoire, conceptuellement festive. Depuis octobre 2007
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Et Moi

  • ARNO S.
  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55° 27' E 20° 53' S

Un Reste À Retrouver

5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 14:34

Tout à fait entre nous, il n’y a rien. Rien qu’un entre-deux, entre toi et moi, un entre-nous-deux privé de toi qui te retiens tapie en toi, vidé de moi qui suis en moi d’où je te vois non sans émoi ma foi (surtout le soir quand dans le noir, tu sais avec ton peignoir en soie, tu… euh, je m’égare je crois, on parlera de ça une autre fois). Donc, cela va de soi, entre nous, là, c’est sans toi ni moi, ça se voit bien, on voit qu’il n’y a rien, enfin on ne voit rien qui soit. On peut y voir un accoudoir ou un long couloir, soit, mais pas de toi et pas de moi. Cela va de soi, je ne saurais être à la fois ici, en moi, et là, entre nous, pas plus que toi, même s’il y aurait la place.

Bon. Cela va-t-il de soi ? C’est à voir.

Où sommes-nous alors, je veux dire où est-il ce nous que nous sommes aussi ? Il doit bien être en quelque endroit. Pas en toi, car sans moi, nous n’y est pas ; pas en moi, puisqu’il faudrait que tu y soies aussi ce qui n’est pas le cas (je le saurais quand même, ça doit bien se sentir un peu, quand quelqu’un d’autre que soi est en soi) ; pas entre nous non plus, ce serait vraiment absurde que nous soit entre nous. Une tranche de jambon entre deux morceaux de pain, c’est un sandwich et cela n’a rien d’absurde, une tranche de pain entre deux morceaux de pain, ce n’est pas encore absurde, pour autant cela devient fort indigeste, mais que dire d’un pain entre un pain, une main entre une main, un nous entre nous, non c’est absurde, nous n’est pas entre nous. De surcroît, si nous était entre nous, ni toi ni moi n’y seraient, puisqu’entre nous, non qu’il n’y ait rien (un accoudoir et un couloir peuvent s’y glisser, on l’a vu, il y a la place) mais il n’y a ni toi ni moi ; or, c’est insensé, car sans toi et moi, nous n’est pas nous, ce pourrait être vous (tu sais bien qu’il t’arrive, à toi, d’être aussi en vous, moi, fidèle à nous, je n’y vais jamais), ou eux, éventuellement, mais pas nous.

Je sais, je les entends déjà les petits malins, il reste une hypothèse, pensent-ils, que nous soit en nous ! Nous serait en nous. Inutile de dire qu’on serait alors bien avancé, ça sent quand même sa tautologie. Non on doit être plus sérieux. Nous n’est pas en nous, un point c’est tout. (Enfin, non, un point ce n’est pas tout, c’est même plus proche de rien que de tout, parce qu’un point c’est quand même vraiment pas grand-chose, alors si tout n’était qu’un point, tout serait bien peu, presque rien, ce serait un tout ridicule, un tout petit tout. À moins que tout se tienne concentré en un point, dans un cercle par exemple dont le rayon serait quasi nul, disons de la taille d’un point, oui enfin, ça laisserait peu de place pour l’accoudoir et le couloir).

Bon alors ? et nous, on est où ?

Ah, voilà peut-être une piste, nous serait-il en on ?

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 11:56

On n’admire pas assez les fabricants de mots, ceux qui ont pensé à faire rimer, par exemple, dieux et cieux, gargantuesque et sardanapalesque, mollesse et fesse, Billie Holiday et Johnny Hallyday, c’est souvent pertinent et imagé.

Bien sûr, il y a quelques ratés ; je m’étonne qu’ils aient laissé passer Bernadette et galipette (une vengeance mesquine sans doute) ou Versaillaise et merguez !

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 09:11

L’immigration massive continue.

Prenez jogging, pourquoi laisser passer cet étranger, casse-tête orthographique de surcroît, alors que nous avions déjà le très français, très clair et très populaire footing.

Mais on me signale que déjà le running arrive. Voyez comme ils sont vites et nombreux ces clandestins !

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 03:00

J’ai toujours été troublé par son regard tendre et indulgent, oui, ses grands yeux noirs, tout doucement inquiets ; elle est si modeste et tellement patiente. J’aime moins ses naseaux.

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 03:00

L’amour rend aveugle mais la cécité rend-elle amoureux ? À voir.

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 09:00

Dans la critique traditionnelle du capitalisme, on passe à côté de l’essentiel : l’homme n’aurait pas été le conquérant avide et l’entrepreneur cupide qu’il est, s’il avait eu, en lieu et place des mains, deux nageoires pectorales.

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 03:00

Douterais-je ? Je ne sais.

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 03:00

Avez-vous lu Sur la croûte de Jack Erouac ? C’est l’aventure déroutante d’un index gauche qui traverse une baguette d’un croûton à l’autre. On comprend vite qu’il s’agit de la dénonciation métaphorique du complot des boulangers et de leur acharnement pervers à mouler les pains tout en longueur de telle sorte qu’ils ne rentrent jamais dans aucun panier (car un étui à trombone, un carquois d’archer ni un tube à plan ne sont des paniers).

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 02:00

− Parles-tu latin sans les mains, gros malin, toi qui te plains du prix du pain ?

− Et toi, vieux reste d’antan, pourquoi perds-tu ton temps quand l’été a passé à tester tous les thés dansants ?

− Mais, n’importe quoi, ça n’a rien à voir !

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 02:00

− Tu fais bien l’homme, dit Lion à Singe, on dirait un vrai.

− Oui mais il est de plus en plus difficile à singer. Avant il faisait le coq, j’y arrivais bien, maintenant il fait le veau, c’est plus dur.

− Ne te plains pas, il pourrait faire le concombre de mer. Ou, pire encore, le paille-en-queue !

− Euh non, ça il ne pourrait pas.

Et ils partirent dans une bonne poilade qui laissa indifférent le gardien, lassé de leurs incessantes facéties.

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 02:03

Il ne suffit pas de boire son Laurent-Perrier frappé et son lapsang brûlant pour être un extrémiste.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 02:00

Minimaliste cohérent, il joggait en faisant trois tours sur lui-même, et sans échauffement. Seule la relaxation dérogeait à son éthique du long is wrong.

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 02:00

Tous ces dossiers, toutes ces chemises sur mon bureau, ces cahiers commencés, ces feuilles blanches déjà cornées, ces notes, notices, notules, tout ce courrier à classer et ces papiers à trier.

Si j’osais, je le dirais (que j’envie les sans-papiers) ; mais non, on ne peut pas rire de tout.

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 17:58

Une loi mathématique doit certainement exister qui fixe très précisément le jour où tout diariste, ayant épuisé le lot limité de bons mots disponibles, commence à se répéter (d’abord il modulera, variera, puis résumera ou prolongera… mais un jour, inévitablement, il se répétera − à l’identique − c’est mathématique).

Eh bien je suis persuadé qu’on aura la surprise de constater que moins l’on écrit et plus on a de chance (il faudrait dire « de risque » − quoique en l’occurrence, il est des situations plus dangereuses, pénibles ou risquées) de se répéter tôt. Et inversement donc, que plus on écrit et moins l’on est menacé par la répétition qui n’est finalement qu’une modalité bruyante de la stérilité.

Bien, mais cela n’est à ce jour qu’une hypothèse. Laissons les mathématiciens chercher, quant à nous, tâchons d’enfanter aujourd’hui encore une minime inédite (ce qui n’a jamais été synonyme de belle, profonde ou édifiante). Très bonne lecture, nonobstant.

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 02:00

Vous connaissez sans doute les orchidées, mystérieuses et subtiles princesses des jardins, tout en grâce voluptueuse et en élégance sensuelle, qui ravissent nos sens et emportent nos rêves.

Eh bien c’est au botaniste Théophraste que ce miracle sur tige doit son nom, dérivé d’orchis, testicule. Sachez encore, plutôt que de vous inquiéter de l’anatomie du naturaliste grec, qu’il pensait à la forme des tubercules souterrains.

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 02:00

On est toujours déçu quand un peintre explique ses œuvres.

Mais demande-t-on au rossignol de parler de ses influences musicales ou à la bib’ dorée de révéler ses techniques de tissage ?

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 02:00

Ce qui est vrai n’a pas toujours de sens, et inversement.

Il est vrai par exemple que, mis bout à bout les six mètres d’intestin (en moyenne) des sept milliards d’humains (j’arrondis) permettraient de couvrir 3,57 fois la distance de la Terre au soleil. C’est vrai mais cela n’a aucun sens, vous en conviendrez. En revanche, dire que Charles de Gaulle, chaque troisième dimanche des mois en “re”, mettait beaucoup trop de clous de girofle et pas assez de piments dans son rougail saucisse, cela a du sens mais c’est faux.

Notez que les deux exemples n’ont rien à voir.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 14:55

− Tu préfères que je décide pour toi ou tu veux choisir toi-même ?

− J’hésite…

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 02:00

*

Vous me demandez où je vais chercher tout ça. Comprenez, je ne peux répondre : un détaillant ne donne jamais l’adresse de son grossiste.

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 02:00

La magie intime de la fadeur, le souffle secret de l’ordinaire, le faste délicat du banal, le ravissement divin du déclin. Les limites de l’auto-persuasion.

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 02:00

c’est-à-dire je ne sais pas bien comment t’expliquer voilà ce que je voudrais enfin disons ce que je vise malgré les apparences c’est l’essentiel comme on pourrait dire voilà ça veut dire tout mais tout vraiment tout je veux arriver à tout dire je t’explique tout dire mais en résumé bien sûr autrement ça serait trop long je cherche le résumé de tout un seul résumé du tout tu vois tout mais sans détour sans annexe sans complément sans développement enfin le tout tout d’un coup c’est-à-dire en fait presque rien mille pages contractées dix mille ans condensés cent mille millénaires concentrés et encore ça c’est rien en fait tout dans une seule phrase une phrase brève dense saturée juste quelques mots des mots courts et simples bon ça a l’air impossible quatre mots moins peut-être faut voir je crois que l’on pourrait essayer quand même ce serait un cri à peine articulé pas d’adjectif pas d’adverbe pas de citation pas de ponctuation pas de complément d’objet indirect pas d’hésitation pas de rature un râle qui claquerait comme un coup de tonnerre comme un big bang des mots non pas un râle un appel une évidence pleine totale trois mots moins peut-être faut voir alors ça ne serait pas nécessairement facile à comprendre là tu as raison mais ça serait impossible à résumer tu vois la puissance voilà ça serait totalement impossible à résumer ça j’adore non mais tu réalises le truc on atteindrait l’indépassable deux mots ça serait peut-être pas assez faut voir tout Levy tout Rowling tout Victor Hugo mais ça c’est rien encore tout en fait complètement tout même la Bible en entier les modes d’emploi dans toutes les langues les revues de pêche tous les murs de tout facebook tous les tags partout juste compressés dans ma phrase enfin même pas une phrase juste deux ou trois mots deux ça sera vraiment difficile faut pas abuser non plus disons trois peut-être quatre bon je la cherche encore ma phrase là on est d’accord c’est pas fini mais tu comprends le projet tu saisis ça serait la révolution un moment historique tu pourrais l’apprendre par cœur ma phrase et l’emmener partout on pourrait tous la connaître on aurait tous tous les mots en un fichier compressé si on veut dire ça comme ça après bien sûr il faudrait dézipper c’est pour ça qu’il ne faut pas se tromper t’imagines la responsabilité si tu résumes mal Victor Hugo et qu’on ne peut plus retrouver les Misérables c’est hyper compliqué à faire en gros c’est ça mon projet il faut être très très méthodique et sobre aussi et impartial parce que tu peux vite subir des pressions et qu’on t’impose des mots que tu ne veux même pas garder tu dois être intraitable et sans pitié il faut trier et jeter je ne te cache pas que ça me prend tout mon temps c’est un boulot de fou parce que tu as compris le problème tu dois tout considérer pour que ce soit le résumé de tout ah oui parce que je ne veux pas qu’on puisse me dire après oui mais vous n’avez pas pris en compte le chapitre 14 des Misérables dans votre résumé du tout ça se voit bien donc ce n’est pas le résumé de complètement tout et donc gnan gnan gnan etc et toi tu es obligé de tout recommencer depuis le début parce que ça décale tout évidemment donc tu dois tout résumer absolument tout mais tu ne dois pratiquement rien garder juste trois mots en tout ou quatre je n’ai pas encore bien décidé autrement tu es vite débordé et puis surtout ton résumé est encore résumable alors ça non pas question qu’on me dise un jour au fait j’ai fait un petit résumé de votre résumé là ce serait la honte donc voilà c’est ça en gros mon travail c’est très très long et bon je n’ai pas eu trop le temps de repeindre le portail

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 02:00

Je suis allé chez un herboriste pour traiter mon insomnie. Son cocktail parfumé (aubépine, marjolaine et passiflore à laisser infuser dans un très grand bol) a été redoutablement efficace.

Toute la nuit, j’ai farouchement lutté contre une puissante envie de dormir afin d'aller faire pipi toutes les deux heures.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 02:00

Septembrrre porte mal son nom.

(Version australe. Septembrrre porte bien son nom)

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 08:29

La direction de l’INSEE annonce avec regret le départ prématuré de la doyenne des Français, deux mois à peine après sa nomination ; la précédente n’avait guère tenu plus longtemps.

Je ne sais qui se charge du recrutement mais il devrait être plus regardant sur les motivations des candidats. Ce turn-over est du plus mauvais effet sur les jeunes, déjà touchés par la désinvolture et l'inconstance.

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 02:00

Quand il ne trouve pas la réponse, l’homme de science écrit de la philosophie ; quand il est à court d’idée, le philosophe écrit de la poésie ; quand il n’a plus de papier, le poète jette des cailloux dans l’eau.

Voilà qui est bien rassurant en ces temps incertains.

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