Toutou un jour, toutou toujours,
slama le chat, cynique.
Chat le pacha, dans sa datcha,
rappa-t-il, mordant.
Toutou un jour, toutou toujours,
slama le chat, cynique.
Chat le pacha, dans sa datcha,
rappa-t-il, mordant.
Le silence – comme une ruse du sens – donne à entendre le souffle du monde que couvre le son des mots.
Dans le panier de crabes, ça bave et ça crâne.
Dans la fosse aux lions, ça pisse et ça pionce.
Dans le nid de serpents, ça dénie et se pend.
Restent le trou à rat où tout rate
Et la gueule du loup où tout loupe.
Suite aux frasques de son cadet (qui subordonnait la relance à l’augmentation de son argent de poche), il convoqua sa femme et lui demanda de composer une nouvelle famille plus en cohérence avec ses orientations. Elle lui fit remarquer que c’était la deuxième fois qu’il exigeait la démission de ses enfants et qu’il allait finir par se faire remarquer par la DASS.
Je te ferais bien taire parfois, langage, mais je me méfie des promesses du silence autant que je crains l’ennui du bruit.
Imaginons un monde dans lequel les premiers hommes auraient été vêtus dans leurs cavernes et amenés ensuite à se dénuder sous l’emprise de la civilisation et des mœurs. Alors, les stripteaseurs-euses (qu’il faudrait renommer) s’habilleraient lentement jusqu’à faire leurs lacets en public – climax torride ! – ou mettre leur passe-montagne, les amoureux enfileraient leurs chaussettes avant l’acte (voire leurs godillots et leurs moufles, pour les plus délurés), dans les églises italiennes, par décence, on distribuerait des strings aux touristes pas assez légèrement vêtus et Donald Cardwell aurait fait fortune dans le porno.
Un refuge confortable pour bavards froussards et fats, la philosophie ? ou peut-être une zone sanctuarisée pour protéger les derniers locuteurs d’un idiome voué à disparaître ? ou peut-être pas ?
- Non Kevin, il n’y a pas de miles au lycée et ce n’est pas parce que tu as une carte de fidélité en seconde que tu seras surclassé en terminale !
Ce vieux paon ne me fera pas croire qu’il continue d’être ferme et plumé sans quelque adjuvant chimique.
Entre l’annonce et le bilan, choisis l’acte.
Regardez-les ces pilotes fringants et galonnés d’or ; je vous l’accorde, ils ont fière allure. Maintenant, enfilez-leur une couche XL et mettez-les sur une poutre savonnée, vous verrez qu’ils perdront de leur superbe.
À l’inverse, prenez Kevin (du bungalow des papayes, qui tenait onze secondes sur la poutre), coiffez-le d’un képi et flanquez-le de deux hôtesses, eh bien je puis vous assurer qu’il continuera d’inspirer le même respect.
Tombe la cote de maille, jeune héros, le vent de la vie sait être doux.
Ces mots-mêmes qui blessent et humilient et insultent, ils soignent aussi.
La langue peut tant.
Allez tout au bout de vos rêves, descendez et continuez à pied.
L’homme, à la différence du chat, ne peut utiliser sa langue pour faire sa toilette : il n’est pas assez souple et sa langue, pas assez rugueuse. Et là, c’est très fort, car on a inventé l’homme (et sa langue) bien avant le gant de toilette.
Notons de surcroît que les ventes de gants de toilette diminuent de façon inquiétante alors que la population féline stagne, à peu de choses près. (La question du bidet, quoique non dépourvue d’intérêt, est ici peu pertinente).
Il resterait à étudier l’évolution de la rugosité de l’organe buccal, car pour ce qui est de la souplesse de l’animal humain, les études s’accordent à constater sa dangereuse altération (que la progression spectaculaire de la micro-dextérité du pouce ne compense en rien).
Le thème de la lingette est loin d’être hors sujet et mériterait une analyse approfondie.
Dieu que tout cela est étrange et passionnant : la vie est un insondable puits de mystères !
Le plus souvent, ceux qui regardent ont peu à montrer, mais que les montreurs le sachent, ils ne seraient rien sans les regardeurs.
Quand médire, c’est défaire.
Vous naquîtes, vous niquâtes, vous cannâtes.
[Librement inspiré d’une vraie fiction.]
Erreur à venir, point de vue musclé, aberration partagée, dogme abrutissant, imposture fourbe, illusion efficace sont les autres noms de la vérité.
Sur fond grave, la gaudriole jure un peu mais ressort bien.
S’il advenait que l’on se rencontre, oserais-je vous demander de ne pas me demander si « ça va ».
En effet, il me faut alors réfléchir longuement pour finalement toujours convenir qu’une synthèse présentable des hauts et des bas, des joies et des peines, des gains et des pertes, des œuvres et des croutes, des fortunes et des désastres, des ouvertures et des clôtures, des élans et des blocages, des extases et des calvaires, des amours et des haines, des sourires et des sanglots, des délices et des supplices, des fêtes et des tracas, des caresses et des sévices, des ébats et des tourments, des succès et des plantages est définitivement impossible.
Le monde des Anciens est tombé en ruine ; le nôtre tombera en panne.
La nature imite l’art et non l’inverse, disait Oscar Wilde.
Entendant, hier soir, des bambous géants donner une délicate cavatine, je pensais avoir vérifié le paradoxe, quand je vis sortir du bosquet deux adolescentes, vodka à la main et pétard à la bouche. À la deuxième écoute, j’identifiai plutôt un couinement. Ou un gloussement.
La pensée se creuse dans l’oubli du geste.
Le capitaine Haddock ruinait ses nuits à se demander s’il devait dormir barbe sur ou sous le drap. Eh bien moi, je me fais régulièrement surprendre par l’aube alors que j’hésite à mettre le point dans la parenthèse ou en dehors.