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C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
  • : LA PHRASE DU JOUR. Une "minime" quotidienne, modestement absurde, délibérément aléatoire, conceptuellement festive. Depuis octobre 2007
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Et Moi

  • AR.NO.SI
  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55° 27' E 20° 53' S

Un Reste À Retrouver

7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 03:07

– Je veux être acteur de ma vie et n'obéir à personne...

– Coupé ! Pas mal mais on la refait quand même. Plus de hargne dans la voix ; la lumière plus blanche.

– Je veux être acteur de ma vie et n’obéir à personne…

– Coupé ! OK. Allez, une dernière.

– Je veux être acteur de ma vie et n’obéir à personne…

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6 janvier 2019 7 06 /01 /janvier /2019 03:13

Il me regarda dans les yeux, gardant le silence plusieurs longues secondes, puis se lança. « Eh bien figure-toi que le 24 juin 1894, l’anarchiste Sante Geronimo Caserio poignardait le président Sadi Carnot pour venger Ravachol. Attends. Tu sais où ça s’est passé ? Place des Cordeliers ! Ravachol, les Cordeliers, Yvonne, Renaud, Nora, les trois cordes liées ! Ça ne te rappelle rien ? Ça m’amuse beaucoup le petit jeu de ton Odette, le jeu des dates et des coïncidences. Tiens, encore une, écoute : tu m’as remis ton manuscrit le 20 avril 1994, sais-tu ce qui se passait le 20 avril 1894 – outre la naissance future d’Odette ? Non ? Eh bien, je vais te le dire : c’était la première française de la pièce Une Maison de poupée d’Ibsen qui se jouait au Théâtre du Vaudeville à Paris ! Incroyable, non ? Et ce n’est pas tout, en 1927, ce théâtre a été transformé en cinéma et c’est aujourd’hui... le Paramount-Opéra, ton cinéma préféré. Alors, tu crois toujours au hasard ? Attends, ce n’est pas fini… » Je m’attendais à ce qu’il me dise que Kurt Cobain était l’enfant caché de Romain Gary ou que Renaud avait fait sa première communion le jour de la mort de Séraphin.

Mon éditeur n’a touché à rien, il m’a demandé de changer le titre et d’ajouter un épilogue. « Écris-moi un épilogue, genre mode d’emploi, si tu vois ce que je veux dire. Ah, une chose encore, donne-moi un vrai livre la prochaine fois et vas-y doucement avec les guillemets et les parenthèses ! »

 

Une question tenace, complexe et, en un sens, absurde continuait néanmoins de me tarauder. Nora ? Qui était-elle ? L’auteure du récit ou l’héroïne du roman ? La femme que j’avais follement aimée entre novembre 1980 et juin 1981 ou le personnage trouble d’une romance populaire ? En me relisant, je m’étonnais de la discordance entre la Nora de la deuxième partie, tourmentée et empêchée, et celle de la troisième, lumineuse et pétulante. Y aurait-il eu deux Nora, comme il y avait eu deux Odette ? Deux Nora, ou peut-être même une seule, mais fictive ? N’avais-je pas imaginé Nora et sa vie amoureuse (et la mienne par la même occasion) ? N’avais-je pas tout inventé, Odette, Berthe, Nora, Zaïna ?

Il paraît que parfois, l’écrivain finit par se laisser absorber par le monde de ses héros et ne distingue plus le réel de la fiction, il parle à ses amis de ses personnages comme s’ils existaient. Les amis en question pensent toujours que c’est une plaisanterie, ils jouent le jeu et ne se doutent pas qu’il s’agit bien plutôt d’une confusion mentale très grave.

Bon, mais moi, j’ai le sentiment d’être en parfaite santé et puis, j’ai du concret et du tangible avec le mot de rupture de Nora que j’avais gardé. Quand même, je n’aurais pas pu me l’écrire moi-même dans un moment d’égarement. Non, bien sûr que non. Je ne suis pas fou. Peut-être ne sait-on pas quand on est fou, mais quand on ne l’est pas, on le sait d’un savoir certain. Non ?

Le livre, finalement intitulé Signé Nora, devrait sortir avant la fin de l’année. J’espère que Nora le lira.

 

Juillet 1994

 

[Ainsi se termine Signé Nora roman-feuilleton commencé le 28 octobre 2017 sur Les Restes du Banquet. Il aurait pu s’intituler Signé Odette, car tout vient d’elle, véritable « matrice narrative ». J’ajoute que si Odette était le prénom de ma grand-mère, l’analogie s’arrête là ; mon aïeule a eu sept filles, n’était ni mercière ni analphabète et, à ma connaissance, n’a jamais mis les pieds à Beaume-les-Messieurs. Ville que je ne connais pas non plus d’ailleurs, pas plus que Chalon-sur-Saône, Lons ou Montélimar. Enfin, ne cherchez pas, je n’ai jamais aimé ni fréquenté de Nora qui est le fruit sucré de l’imagination d’Odette ; ne cherchez pas, Nora est une pure fiction. (En plus, j’ai changé son prénom.) AS]

 

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5 janvier 2019 6 05 /01 /janvier /2019 03:41

– Depuis toujours, et même quand je me couche tard, je me lève radieux, sans avoir besoin d’artifice ni de maquillage.

– Eh oui, et bien le résultat c’est que l’on tourne toutes autour de toi sans jamais t’approcher, répondit Vénus à Soleil.

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4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 03:41

Le cerveau dehors

Les mots sans accord

Haïku passe encore

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3 janvier 2019 4 03 /01 /janvier /2019 03:27

L’avantage inestimable que le rocher, le chêne et le chien ont sur mon voisin, c’est que quand je n’ai pas envie de leur parler, pour la seule raison que je n’ai pas envie de parler, ils l’acceptent sans chercher d’autres raisons qui deviennent autant de motifs de débat.

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2 janvier 2019 3 02 /01 /janvier /2019 03:35

Que pourrions-nous nous souhaiter ? La maladie, pour prendre soin de la santé ? le dénuement, pour se rapprocher de l’essentiel ? la haine, pour aimer mieux l’amour ? l’apocalypse, pour réparer le monde ? Que pourrions-nous nous souhaiter, à nous les repus, les nantis, les souillards, les mesquins ?

[Je me sens décidément très miss en ce début d’année…, l’effet terrine végétale de tofu soyeux sans doute.]

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1 janvier 2019 2 01 /01 /janvier /2019 03:36

– 3 novembre. Clash avec l’association les Gazelles insoumises

– Dis donc, qu’est-ce que tu penses du végétarisme ?

– T’inquiète, ce n’est qu’une mode, répondit le lion à la gazelle ?

– Ouf ! Déjà qu’on n’avait plus beaucoup d’herbe.

– 12 novembre. Clash avec le collectif des conseillères d’orientation

– Pierre : Ça ne va pas mieux en bas. Pourquoi tu ne les as pas créés parfaits, on aurait été tranquilles ?

– Dieu : Je voulais qu’ils se cherchent, s’inventent et se retrouvent en moi.

– P. : N’importe quoi ! Tu aurais dû faire psycho avant de faire Dieu !

– 23 janvier. Clash avec le club des lévinassiens du 55 (en la personne de son président JM)

Lecteur assidu de Levinas et amoureux transi de Martine, Jean-Marc refusait de la pénétrer et en restait à d’interminables et tendres caresses. Parce qu’aimer, c’est renoncer à posséder et consommer, c’est préserver ce qui se dérobe et en respecter l’insaisissable étrangeté. Martine partit avec Pierre-François.

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