– Je t’aime comme au premier jour, compta-t-il précisément, au réveil du premier matin.
– Je t’aime comme au premier jour, compta-t-il précisément, au réveil du premier matin.
Le sens, cette pellicule infime et changeante avec laquelle l’homme a emballé le monde.
Au début, l’avenir, c’est tellement loin qu’on n’y pense pas. Et puis un jour, ce n’est plus loin du tout et curieusement, on essaie toujours de ne pas y penser.
Dieu merci, Je n’existe pas !
Imaginez un peu qu’ils ne soient pas le fruit du hasard et M’accusent de tous leurs maux.
Rien ne m’émeut autant que les ruines d’un ancien temple ou la sculpture fatiguée d’un Apollon un jour glorieux.
Mon corps me fait moins d’effet.
Je me trompe peut-être mais j’ai le sentiment que nos visages, nos mains, nos nombrils, nos oreilles, nos pieds, nos nez, nos seins, nos ventres, nos ongles mais aussi nos démarches, nos gestes, nos rires, nos bâillements se ressemblent de plus en plus comme si la mondialisation était aussi physiologique et morphologique.
Il est un savoir indigeste qui leste et ennuie ; il est une ignorance affamée qui ensauvage et effraie.
Quelle est alors cette alimentation saine qui donne envie de courir sous les étoiles et danser avec les enfants ?
Le moi profond est obscur et sent le moisi, il faut le sortir et le montrer pour qu’il s’éclaire et gagne en vigueur. Quoi de plus logique !
Elle court comme un ruisseau, elle est comme l’eau vive
On ne la contient pas, on ne la retient pas
Et s’il arrive encore qu’elle glisse entre tes doigts
Ne ferme pas les poings, ne la tiens pas captive
Laisse-toi caresser, laisse-la voyager
Parfois docile, parfois éprise, parfois rétive
Généreuse et subtile, elle aime à la dérive
La belle eau vive la belle n’est pas à marier
[Ben quoi ? J’avais envie de pousser la chansonnette aujourd’hui. Voici les paroles, je vous laisse composer l’air. Et merci à Guy B. pour l’idée]
Que les choses soient claires. Je suis contre l’opposition au refus d’interdire la fermeture des bibliothèques après la pluie.
Penser que le contraire puisse avoir lieu m’indigne.
Hier soir, c’était danse contemporaine au théâtre. Sublime, et Bach n’était pas le seul responsable.
Derrière moi, quatre personnes sont parties au bout de quinze minutes. – Qu’est-ce que c’est lent ? – Je tiens plus. – Un quart d’heure c’est mon max !
Je suis prêt à parier que ces quatre-là sont capables de rester trois heures vissés à leur canapé pour regarder des voitures faire des tours sur un circuit.
Et si on essayait de ne parler ou écrire que lorsque l’on a quelque chose à dire.
– Arrête de me mordre les pieds, dit Yin, très agacé.
– Tu n’as qu’à pas me les mettre dans le nez, répliqua Yang, sûr de lui.
– Bon ça suffit les enfants, soyez sages où je vous mets chacun dans un coin, s’énerva madame Chang, épuisée.
– Tu peux toujours essayer, pensa Zou Yan, circonspect.
Dieu a donné à la tortue de mer un profil de planche de surf, c’était malin et hydrodynamique. L’homme, ce crétin, a donné à la planche de surf un profil de tortue – d’où la méprise bien excusable des requins qui remontent les croquer avec appétit.
Il est fort probable que Dieu ait conçu la girafe – je m’étonne que la chose ait échappé à Darwin – de manière à ce qu’elle ne songe à se ronger les ongles.
J’aime courir en meute. Pour certains, on y perd – comment disent-ils ? – son sens critique, sa personnalité, son irréductible singularité… Sans doute y laisse-t-on quelques mots savants mais on y trouve aussi, ou y retrouve, je ne sais, le râle des corps rapprochés, les odeurs puissantes des suées partagées, les frôlements réglées, les désirs sans regard, la force sans haine, la course sans gibier. Comme une autre politique, une autre esthétique. J’aime les meutes.
La nuit, plus de choses sont possibles. La douceur des étoiles, sans doute, et le goût du vin.
À courir deux lièvres à la fois on prend des risques, dit-on. Allons, soyons sérieux, les seuls en danger, en l’occurrence, ce sont les lièvres.
À trop retenir ton passé, c’est le passé qui va te retenir.
Je suis un athée indécrottable. Il y a un truc qui coince néanmoins : il faut accepter que le hasard soit à l’origine de ton visage, tes lèvres si délicates, tes yeux de braise noire, tes oreilles parfaitement ciselées, ton nez, ton sourire et tout le reste. Je suis bien certain que Praxitèle, assisté de Vermeer, n’aurait su faire aussi tendre.
Des couleurs qui se font lumière, tel est le mystère de la peinture ; des mots qui se font sens, tel est celui de l’écriture.
– Arrête de me juger sur mon apparence, tu ne me connais pas, tu ne sais pas qui je suis à l’intérieur, dit Côlon à Grêle.
Certes les routes relient et unissent, mais c’est pour cela justement que l’on voit peu qu’elles sont autant de murs qui séparent, isolent et interdisent.
Alors. Maître Gims change de nom, Booba et Kaaris vont sortir leurs gants de boxe, MHD est toujours en prison et Nick Conrad devant les juges. Bon d’accord, mais on n’a aucune nouvelle de Nekfeu.
On nous cache des choses.
L’ambiguïté, c’est ce jeu dans la pensée qui interdit l’arrêt sur idées.