16 octobre 2016
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Hier, j’étais au café. C’est bien les cafés, les époques et les styles s’y rencontrent. Parmi les clients, les plus nombreux étaient sur leurs téléphones mobiles, jeunes, ardents, disponibles, une main libre et un œil sur le monde. D’autres, moins nombreux mais plus riches, étaient concentrés sur leurs tablettes, l’objet les requérait davantage, même si de temps en temps ils s’en servaient pour se protéger du soleil. C’est alors que je découvris un peu en retrait sur ma droite – se cachait-il ? – un utilisateur d’ordinateur, grave sans être sinistre, il était manifestement occupé à quelque tâche servile et dépassée.
Je sortis alors mon livre (Petit éloge du vieux con) ; eh bien curieusement, je sentis mon voisin soulagé, soulagé comme quand un étranger s’aperçoit qu’il y a plus étranger que lui encore.
15 octobre 2016
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Clinquant, bariolé, nivéal, mordoré, je ne serai jamais écrivain, marmoréen, parégorique, épiscopal, jamais, obséquieux, sémillant, j’aime trop les adjectifs, nécrologique, aporétique, ventripotent, vous voyez !
14 octobre 2016
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L’ombre, non pas pour se cacher mais pour se reposer de paraître et goûter la fraicheur de l’être.
13 octobre 2016
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Se mettre à la place de l’autre, voilà bien une expérience définitivement impossible. Occuper son fauteuil, son métier, oui, coucher avec son conjoint ou sortir son chien, cela peut se faire et se fait mais se mettre à sa place, non. Il faudrait pour cela que le moi puisse laisser une enveloppe vide, un moi creux qu’il aurait évacué et qui, tout en étant encore moi, laisserait à l’autre la possibilité de s’y glisser. Impossible. (Et je ne demande même pas si l'autre aurait à se défaire de son propre moi, avant d'entrer, afin d'éviter le parasitage de perceptions). Définitivement impossible.
Bon. Rien n’interdit néanmoins de se parler un peu ou de boire un verre ensemble.
12 octobre 2016
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La franchise a cette double qualité de permettre d'imposer sa version tout en donnant bonne conscience.
(Notez que mensonge, sournoiserie, duplicité, simulation et autre imposture n’en deviennent pas pour autant des vertus.)
11 octobre 2016
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Avant les bouillies
Encore ferme
Mourir al dente
10 octobre 2016
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Je ne crois pas aux colères saines. Comme dit le grand sage « tu peux chier et faire chier mais ne gerbe pas ».
9 octobre 2016
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Le monde est un théâtre mais suite à l’augmentation du nombre d’acteurs, la scène a dû gagner sur les loges.
8 octobre 2016
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Être, c’est être toujours le même, répéter le même refrain et user les mêmes chemins alors que devenir, devenir c’est ouvrir de nouvelles voies, inventer de nouveaux chants, grandir et mûrir. Oui mais devenir c’est aussi décliner, rouiller, pourrir, trahir, devenir, c’est varier avec les saisons et changer sans raison alors qu’être c’est être ferme et fiable et fidèle, comme un foyer, comme un sol ou une étoile qui revient toujours.
Le devenir est beau comme un départ et joyeux comme un printemps, gonflé de jeunesse et de promesses ; l’être est sûr comme un ciel azuré et fort comme un gemme sans défaut, comme un amour sans faille. Et l’être est figé aussi, bloqué comme une copie, mécanique et sans rêve, une copie de copie vidée de tout être ; le devenir est capricieux, inconstant et volage, sans âme ni parole, infécond, sans avenir.
Alors, qui es-tu ? et que vas-tu devenir ?
7 octobre 2016
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Il est des existences originales qui s’inventent en marge et bousculent : compositions à la carte, audacieuses et relevées.
Mais le plus souvent, c’est le menu du jour.
6 octobre 2016
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Faire sonner l’inouï, charmer le silence, épouser l’étrange et féconder la langue qui ne vit qu’à renaître.
5 octobre 2016
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Quel genre de théorie est le papisme ?
4 octobre 2016
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Et si l’on parlait du renouvellement et de la féminisation du personnel théologique, Là-haut.
3 octobre 2016
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… et puis prends aussi le temps de le perdre.
2 octobre 2016
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À moins d’être au tableau ou au commissariat, tu n’as rien à prouver ; épargne juste les pieds de ton cavalier.
1 octobre 2016
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Fais-la légère mais sapide, ta vie, et riche mais digeste.
30 septembre 2016
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Non sans une vive nostalgie, j’ai aujourd’hui plongé dans mes tiroirs à la recherche d’un timbre-poste. Voilà bien des années que je n’avais écrit une lettre. Avec émotion j’ai retrouvé la vieille boite aux lettres jaune de la rue de Paris et y ai glissé en tremblant ma missive. Je me demande si, de l’autre côté, au service municipal de recouvrement des amendes, mon courrier suscitera la même excitation.
29 septembre 2016
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Ton vrai moi, ton moi profond ou authentique, laisse-le gargouiller quelque part entre ton grêle et ton colon, entretiens plutôt ta façade, ouvre les mains et surveille ton haleine.
28 septembre 2016
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Cherche ta place et vague alors.
27 septembre 2016
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Réfléchis bien avant de faire ta mayonnaise car une fois montée, il te sera difficile, si l’envie t’en prenait, de récupérer ton œuf, ta moutarde et ton huile. (C'est ma façon à moi, vous l'aurez compris, d'expliquer le second principe de la thermodynamique).
26 septembre 2016
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Ce qui nous préserve des excès de nos voisins, ce sont les excès des leurs.
25 septembre 2016
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Prologue : température de l’air 27° ; température de l’eau 26°.
– Quel panier de crabes cette nasse, se désespérait un poisson Picasso, fuyant le regard hostile des baveurs à pinces.
– Quel style ce baliste, goûtaient au même moment les crustacés, admirant le maillot bariolé du nageur à écailles.
Épilogue : le pêcheur compta ses crabes et rejeta le baliste.
Morale : la vie sous les tropiques n’est pas une sinécure.
24 septembre 2016
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« Donne un livre à un homme, il lira un jour ; donne-lui un stylo, il lira toujours », écrivit-il.
23 septembre 2016
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Les humains resteront dans l’histoire comme ceux qui ont cru la faire.
22 septembre 2016
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Alors que les choses soient claires, je suis Français, né français, mais je descends par mon père, comme par ma mère, de cyanobactéries et jamais je ne renierai cet héritage procaryote.