J'ai l'imagination fertile et la pensée féconde.
Le prix à payer : les idées grouillent mais la durée de leur séjour dans l'esprit est toujours très courte.
J'ai l'imagination fertile et la pensée féconde.
Le prix à payer : les idées grouillent mais la durée de leur séjour dans l'esprit est toujours très courte.
À l'ombre d'un whisky glace, je me remets d'une journée poisseuse et sans visibilité, en fourrant des olives vertes de cacahouètes salées.
Je vient de vous.
Je vais acheter une île déserte, perdue dans l'océan, invisible à l'œil nu. J'y exilerai mes fantômes et changerai mon numéro de téléphone.
Plutôt instable ce garçon.
Haïku rustique le lundi, apophtegme pataphysique le mardi, coquecigrue écologique le mercredi, néologie humanologique le jeudi, spéculation dadaïque le vendredi, anathème herméneutique le samedi.
Et pourquoi pas hippisme météorologique le dimanche ?
Hier, je n'ai rien écrit.
Non que je n'avais rien à dire, c'était même plutôt le contraire.
un peu comme quand la marée s'inverse quand elle reprend sa respiration dans le suspens du temps le silence du monde livres d'images et visages blancs
un peu comme l'aube qui contient tout mais n'annonce rien innocence du départ sans naissance
un peu comme quand la marée s'inverse et se gonfle inexorablement lentement dans la bascule du sens.
La vie est un théâtre.
Mon strapontin se refermerait si je me levais. Je n'ai de toute façon pas envie d'applaudir.
La vie comme un agenda.
Ses dates à entourer ses pages à arracher
Je ne m'attache pas aux choses, c'est vrai, en fait, ce sont elles surtout qui n'attachent pas.
Ni les mains qui les ont données, ni les sourires, ni les lieux qui les ont vu naître, ni les détours, ni les rejets.
Lisses et muettes, les choses, et amnésiques pour la plupart.
Les jeunes envient et ânonnent ; les vieux regrettent et médisent ; les autres consomment et communiquent.
Moi, je classe.
Elles sont attendrissantes, d’abord, les adorables petites maladresses de celui que l’on apprend à aimer. Elles font sourire encore un peu, un jour ou deux, ces incongruités. Elles deviennent vite exaspérantes comme autant d’inaptitudes rédhibitoires.
Suis sensible comme une 3200 ASA.
Me suis encore pris une bonne volée d’émotions en pleine figure. Ai l’âme complètement décoiffée.
Vif et lumineux quand la nuit s’impose à tous ; sombre et mou quand le matin ordonne le tout.
Il faut toujours que tu te fasses remarquer.
Ces langues qui se bousculent en moi, aux accents si différents – mathème germain, poème latin, gauloiseries absurdes, chinoiseries subtiles.
Polyglotte hospitalier, hypocrite opportuniste, bavard apatride, je m’interroge ?
Je suis un provincial, un périphérique, un frontalier, j’aime les seuils et les lisières et les retraits ou les passages. Mauvais géographe, désorienté congénital, je transgresse et délire et me perds le plus souvent possible, ici quand je devrais être là, en minuscules quand on attend les formes, j’applaudis l’instable qui sait éviter le piège et le confort de l’identité, je ris avec l’impudent qui exhibe - quelle honte ! - nos fondements indécents, je salue le nomade, fidèle à ce qui vient, qui écrit léger et gaspille ses pensées, et j’admire les héros, fragiles et inquiets, toujours en avance sur leurs certitudes, qui évident et invitent, et ouvrent et appellent.
Je est une autre.
Hier au parc, promenant Jean-Luc, mon gentil chien, je croisai une très très jolie maman, fraîche et joyeuse, vive et généreuse, qui sortait son garçon. Contemplant cette créature, libre comme un départ en vacances, je fus saisi alors, à mon corps sincèrement défendant, d’une envie violente, subite et inavouable, un désir condamnable : redevenir un petit garçon, ingrat et insouciant, sourd à la misère humaine et ignorant tout du second principe de la thermodynamique.
Lui : quand même il y a toute la métaphysique, et l’immortelle poésie, et Galilée, Newton, Einstein. Alors pourquoi cette ridicule insignifiance ? Taisez-vous et cessez ! Vous êtes si sec.
Moi : …