Trame nos chants et conjoins nos voies.
Trame nos chants et conjoins nos voies.
Homme qui braves les absences et ne crains les départs
Je suis ta femme
Homme qui protèges et promets et t’indignes et t’exhibes
Je suis ta femme et sais ton silence
Homme qui couvres le chant du vent et ignores les traces du temps
Je suis ta femme et m’inquiète de ta course éperdue
Homme qui prends sans compter et comptes sans apprendre
Je suis ta femme et veux guider tes mains affairées et avides
Homme qui ignores les dédales intimes et ne sais demeurer
Je serai là une fois encore quand le matin aura lavé mes sommeils vengeurs et solitaires.
Joli miroir, ô si déformant !, tantôt concave et tantôt convexe, toujours tu me vexes et jamais ne m’acclames.
Pourquoi veulent-ils toujours être les premiers ? Manque de solidarité.
Pourquoi veulent-elles toujours être les dernières ? Manque d’ambition.
Aime-le pour ce qu’il peut, non pour ce qu’il veut.
Il était son rivage, sauvage à peine, son port où calmer ses désordres. Elle lui taisait ses horizons, ses tropiques, ses îles, ses secrets jamais cartographiés. Il rêvait ses ailleurs, les peuplait de folies, de jouissances, de haines, tout en démesure, dans l’infini de ses manques.
Elle déréglait ses fuites, sans sillage, guidée seulement par la clarté imprévisible de l’instant. Il archivait ses noces oublieuses et ses aubes sans midi.
Ils convoyaient, tantôt pris par des courants lointains, tantôt ballottés au creux de la même vague.
Ils consonnaient, dans une langue rare composée d’éclats de nuit et de silences accordés, de phrases sans ponctuation ou de claquements de glotte.
Ils convenaient, dans les plis de la discorde comme deux voisines doucement amarrées aux rudesses des envols.
Que l’on soit devant, que l’on soit derrière, l’amour toujours est une épuisante course-poursuite. Parfois, selon une chorégraphie bibliquement réglée, on demi-tourne et les places s’inversent ; parfois aussi, l’un seulement fait demi-tour, et c’est alors soit la dispersion, soit l’accident.
Pas de champagne à l’arrivée mais ça distrait les spectateurs.
Souris-lui et arrête les pesticides.
On aime l’autre pour ce qu’il est, parfois. Le plus souvent, c’est pour ce qu’il nous fait être.
Je brûle de te rejoindre, dit la bûche à la cendre.
C’est l’oreille, la zone érogène majeure, et l’organe le plus érotique, c’est le verbe.
Comme un satellite, fidèle et solitaire.
Difficile de passer du Calon-Ségur à la grenadine, disait-elle à propos de son nouvel amant.
− Est-ce que je compte pour toi ?
− Ô combien !Tu n’as pas de prix !
− Mais quelle valeur tes mots ont-ils ?
− Fais-moi crédit, tu seras payée en retour.
− Mais ton investissement à court terme me fait douter.
− Épargne-moi tes inquiétudes. Profite au contraire du temps présent.
− Mais quelle estime as-tu de moi ?
− S’il-te-plaît économise tes larmes et souris, c’est gratuit.
− Mais parfois j’ai le sentiment que m’aimer te coûte.
− Au contraire, je sens bien le bénéfice qu’il y a à être aimé.
Pourquoi, malgré toutes ses garanties, ai-je peur du krach amoureux ?
Attachement.
Toute l’ambivalence du lien.
J’ai rendez-vous avec ton cœur. C’est loin et il est tout petit, mais c’est tout droit.
Je devrais pouvoir me passer du GPS.
Il se peut que le paysage me lasse mais au moins, je ne risque pas de me perdre.
Tant mieux parce qu’on ne survit pas longtemps dans un désert.
A. − Couchons pour voir.
B. − Voyons pour coucher.
À peu de choses près, ils sont faits pour s’entendre.
Il prenait soin toujours, comme on attache son chien à l’entrée d’un magasin, de laisser son cœur à la maison quand il visitait une femme.
Il avançait, sexe devant, comme on pousse son caddy attiré par les produits brillants, nouveaux et pas chers.
Elle portait autour de son petit cou, au bout d’une chaîne en or fin, un K très élégamment calligraphié. Elle avait aussi, autour d’un poignet fragile, une jolie gourmette sur laquelle était distinctement gravé « Kévin ».
Je l’imaginais nue, portant sur la fesse gauche, le numéro de série que lui aurait amoureusement attribué son généreux Kévin.
La meilleure façon d'être aimé d'une femme est de lui dire qu'elle est la seule - réellement.
La meilleure façon d'être aimé d'un homme est de lui dire qu'il n'est pas le seul - possiblement.
Elle sentiment.
Elle traverse l'existence en apnée sentimentale.
Ça lui fait une grosse poitrine, mais un tout petit cœur.
Omne animal triste et fessum post coitum.
Dieu merci ! on imagine assez bien ce qu'il en aurait été si la chose l'avait rendu vigoureux et ardent.
« T'es lourde, sois un peu plus légère ! », lui dit-il, lui-même il est vrai, insipide et inconsistant comme un 0 %.
22 mars, 7h50, salle de bains, moi brosse à dents rouge dans la bouche, vous sèche-cheveux Calor à la main. Nos regards se sont croisés. Aimerais vous revoir.