C’est peut-être un détail pour vous, mais on ne trouve plus de limaces dans les salades. Pour moi, ça veut dire beaucoup.
C’est peut-être un détail pour vous, mais on ne trouve plus de limaces dans les salades. Pour moi, ça veut dire beaucoup.
Les sondages fleurissent en cette période préélectorale et on les défend ou les dénigre, selon ce qu’ils disent. Allez, c’est de bonne guerre. En revanche, ce qui me terrifie, c’est la notion d’échantillon représentatif. Savoir que j’appartiens à un groupe d’individus qui pensent, veulent et agissent comme moi me glace.
Ce n’est pas parce qu’on ne pas peut tout dire qu’on doit tout taire, mais ce n’est pas parce qu’on ne doit pas tout taire qu’on peut tout dire.
Bon, soyons honnêtes, les téléphones font aujourd’hui d’excellentes photos et les vendeurs d’appareils photo ont du souci à se faire. Finalement, le seul et dernier avantage de ces appareils, c’est qu’ils ne sonnent pas tout le temps.
Je est à l'autre.
Le plus étonnant (ou le plus affligeant, faudrait-il dire) quand on vieillit, alors que l’on change assez peu soi-même, c’est de constater les ravages du temps chez nos amis qui vieillissent tous tellement plus vite.
Serait-il possible que chacun pense la même chose ?
Alors viennent de sortir le Samsung Galaxy Z Flip 3, le Xiaomi Redmi Note 10 5G, l’iPhone 13 Pro Max, le Wiko Power U30 et quelques autres.
Oublions les objets, mais fallait-il en plus les affubler de ces vilains noms. Si les téléphonistes manquent d’imagination, il leur suffit d’interroger les botanistes qui sont tous un peu poètes. Écoutez : cattleya, magnolia, cardamome et piment d’Espelette, charme, tilleul et jacaranda, azalée, myosotis, bouton d’or…
Ce n’est pas parce que, souvent on trouve ce que l’on ne cherchait pas, que l’on doit toujours chercher ce que l’on ne trouvera pas.
Quand on voit, à l’approche d’élections, combien un pays est divisé, on peut légitimement se demander comment faire nation, selon la formule ? La réponse est simple : le football et la guerre, c’est-à-dire toujours se trouver un ennemi extérieur.
Les peintres savent bien qu’un tableau commencé le matin à la lumière naturelle ne doit pas être poursuivi le soir à la lumière électrique sans beaucoup de prudence. Je pense qu’il en va de même pour l’écriture. Des textes commencés le matin, alors que la lumière agitée du jour enveloppe l’écrivain, risquent d'avoir une tout autre musique le soir, quand les couleurs se fanent et s’alourdissent.
Le désir est père de l’enthousiasme ; l’avidité est sa veuve.
Deux hommes entrent dans une librairie.
– Je déteste les librairies, tous ces livres que je ne lirai jamais, pensa le premier, cossard et bêcheur.
– Je déteste les librairies, tous ces livres que je n’écrirai jamais, pensa le second, faraud et fanfaron.
– Ouais ben vous n’avez qu’à aller chez Mr Bricolage ou Décathlon, marmonna la libraire qui entendait très bien les gens penser.
Le monde entier est un théâtre. Comédie pour les uns, tragédie pour les autres. Les décors et les costumes sont assez variés, les textes de moins en moins.
Débat Mélenchon – Zemmour. Match nul, mais alors complètement nul.
– C’est fini. Suivante, hurla-t-il.
– Mais comment ça, je viens d’arriver, se plaignit-elle.
– M’en fous, taisez-vous. Suivante, j’ai dit.
– Mais je n’ai rien dit, moi.
– La ferme quand même. Suivante.
– C'est à moi déjà. Une seconde, j'arrive !
– Trop tard ! C’est moi la suivante.
– Oh la la, je n’y comprends rien, je pensais être la suivante…
– Silence tout le monde, hurla le chronomètre, vous allez m’achever. Suivante.
La vieillesse, avant, on n’y croit pas. Et c’est tant mieux.
Hier je suis allé diner chez les B. Plutôt que de venir avec des fleurs ou du vin, j’ai apporté un dessin. Un joli dessin que j’avais fait avec mes nouveaux feutres.
Monsieur B. a éclaté de rire en le voyant. Je n’ai pas compris pourquoi, ce n’était pas un dessin drôle. Madame B., quant à elle, ne l’a même pas regardé et je doute qu’elle le colle sur son réfrigérateur.
Je pensais vraiment faire plaisir, j’ai dû me tromper.
– Bonjour !
– Merci.
– Non, je dis bonjour !
– Ah, d’accord.
– BONJOUR ! fils de pute, on t’a pas appris la politesse…
Le silence parfois est plus parlant que le mutisme !
Souvent la nuit appelle, puis elle part vite se cacher, l’aguicheuse, me laissant seul.
C’est une hypothèse totalement infondée, mais j’ai le sentiment que la bêtise, la haine et la violence grouillent en nous sous une fine pellicule de vernis de socialisation. Et parfois, le vernis craquèle.
C’est assez grisant de devenir adulte, carte bancaire, voiture, nuits sans limites. C’est dans cet état second sans doute que l’on bâillonne définitivement l’enfant qui est en nous.
Qu’est-ce qu’être solidaire ? Qu’est-ce qu’être indifférent ?
Ne devrait-on pas, pour exprimer notre solidarité avec les malheureux que l’on massacre, viole ou extermine en Birmanie, au Kazakhstan, en Syrie… annuler tous les tournois de pétanque, les championnats de crapette, les stages de massage des pieds, les dégustations de whiskies japonais, les anniversaires, crémaillères, bar-mitsva…
Et si l’on festoie, chante, joue et jouit au moment même où d’autres sont torturés, spoliés, chassés, n’est-ce pas de l’indifférence ?
Nos existences encombrées.
Dans la vie, il y a ceux qui descendent sur le terrain et ceux qui restent dans les gradins. En littérature, c’est pareil, il y a ceux qui écrivent et ceux qui lisent.
Il y a aussi ceux qui restent sur le banc de touche, ils sont trop compromis pour lire, mais pas assez fiers pour écrire.