Afin de passer pour un dieu, il niait toute trace d’humanité en lui et prétendait être éternel, omniscient, infiniment bon et miséricordieux. Comment diable avait-il pu oublier la barbe qui trahissait, sans doute aucun, sa nature très homme ?
Afin de passer pour un dieu, il niait toute trace d’humanité en lui et prétendait être éternel, omniscient, infiniment bon et miséricordieux. Comment diable avait-il pu oublier la barbe qui trahissait, sans doute aucun, sa nature très homme ?
Nous avons tous nos failles, nos anfractuosités, nos fractures, nos fissures, nos fêlures, nos brèches.
Et c’est cela qui donne de la profondeur et du relief.
Tout aussi seul que les autres mais bien plus fin qu’eux, il s’inventait, non des amis lumineux qui lui auraient fait de l’ombre mais de sombres ennemis qui le rendaient par contraste.
Chaque époque a ses mots, et ses idées peut-être ; aujourd’hui, c’est le faire-ensemble. On doit vivre ensemble, construire ensemble, agir ensemble…
Allez, encore un effort et on va finir par coucher ensemble.
L’amour, ce redoutable mariage de latitude et de et de sollicitude.
Ces œuvres d’art sublimes et généreuses prennent davantage de force encore sur le fond absurde et dérisoire de l’histoire humaine.
L’enfance n’est pas faite pour durer, doit-on pour autant la raturer et ne plus jamais mettre ses doigts dans le nez ?
Il n’est pas bon que HOM soit seul, alors On l’endormit et créa FAM, pour lui, à partir de ses côtes. Mais HOM n’était toujours pas satisfait de FAM, alors il l’endormit et créa FAM+ à partir de ses cotes – qu’il doubla ici et réduisit là.
Le mot maux ne se soigne pas.
Les décisions prises assis manquent souvent de souffle.
Si je tire la langue, tu me crèves le cœur.
Si tu parles du nez, je te fais du genou.
Si je tends la joue, tu me tiens à l’œil.
Si tu rentres le ventre, je te prends la tête.
Si je pique du nez, tu me tires dans le dos.
Si tu croises les jambes, je tourne de l’œil.
Si je dresse l’oreille, tu ouvres les bras.
Si tu prends mon pied, je te donne la main.
Le monde est un théâtre et les êtres humains, des acteurs.
– Bon alors, le metteur en scène va être un peu en retard, il est pris dans les embouteillages. En attendant, revoyez vos textes.
– Euh, on n’a pas de textes.
– Ah oui, c’est vrai, l’auteur est mort prématurément dans un accident de voiture. Alors, essayez les costumes.
– Les costumes ? Mais il n’y a pas de costumes.
– Mince, j’oubliais, la costumière est partie avec la femme du régisseur. Eh bien allez à la rencontre du public, voilà, c’est bien ça.
– Le public ? Mais le public n’est pas encore là.
– Quoi ? Les embouteillages, sans doute. Bon ben, continuez à faire comme d’habitude…
– … oui ?
– Faites n’importe quoi.
Si Dieu existait, croirait-il en l’homme ?
Quand on lui parla d’hypocondrie, il comprit que cette maladie-là était plus grave que les autres.
Il en mourut.
Rien n’est définitif.
Certaines illusions, il est vrai, font preuve d’une admirable longévité.
La philosophie aussi a ses fanatiques. L’absurde et la crème brûlée nous en préservent.
Déjà complétement ivre
Ce papillon de nuit
Et il n’est pas midi.
Le vieux sage, enfermé depuis si longtemps dans sa tour d’ivoire, s’était aussi laissé pousser la trompe – par inadvertance.
Je souffre de dyschronie aiguë, c’est-à-dire que je suis bon, voire excellent, mais pas au bon moment.
Tenez par exemple, cette nuit encore, alors que je me sentais vraiment en forme, j’ai mis mes chaussures et suis sorti courir un petit marathon. Eh bien j’ai galopé à bonne allure, sans baisse de régime, sans crampe ni maux de ventre, pour finalement être justement accueilli par les hourras d’une foule survoltée. Et ce matin, à peine quelques heures plus tard, encore porté par l’écho des hourras, je suis allé au stade et là, figurez-vous, rien n’allait plus, j’étais mou, lourd et dolent, et j’ai dû rentrer, piteux, après trois petits kilomètres interminables.
Femmes, mes pairs
Mers, mes sœurs
Flous sont les genres
Et vagues les terres
Alors allons
Voguons déviants
Légères et vagabondes.
Oui la critique est facile et le sarcasme un jeu d’enfants.
Quand je serai grand et fort, c’est promis, je louerai plus.
Le temps nous a-t-il été donné pour nous amender ou pour confirmer nos erreurs ?
J’habite une évasion et je veille bien toujours à tailler ras les racines qui me poussent.
Quant à l’existence de Dieu, bon, c’est vrai, la mangue josé, le pelage du guépard et la plage de Matira à Bora en sont des preuves peu contestables.
Oui mais les rognons, et l’holothurie, et l’impasse à Malheur (celle au fond de la rue du Quai) ; vous pensez vraiment qu’Il aurait laissé passer des trucs pareils ?
Écrire, on ne le dit pas assez, suppose une bonne condition physique et un entraînement quasi quotidien. Le reste – style, rime et rythme… – n’est que littérature.