– Dis, tu ne vois rien de bizarre ?
– Non, tu penses à quoi ?
– Mais regarde, on est là et puis on n’est plus là.
– Oui, ça s’appelle la naissance et la mort, à la rigueur, on peut trouver ça mystérieux, mais ce n’est pas bizarre.
– Non, je ne parle pas de ça. Je parle de présence et d’absence. Là, pendant qu’on parle, on est présents et puis, dans quelques instants, pfff, on disparaîtra.
– …
– Tu ne t’es jamais dit que peut-être nous sommes les personnages d’un auteur et que, donc, on n’a ni conscience propre, ni volonté, ni sensibilité comme des personnes normales.
– Waouh ! Où est-ce que tu vas chercher des idées pareilles. C’est impossible parce qu’illogique. Si tu étais un personnage, ton auteur ne t’aurait pas fait imaginer que tu es son personnage, ce serait comme se tirer une balle dans le pied.
– Oui, oui, au début, j’ai pensé comme toi, mais imagine un auteur vraiment pervers qui me fasse dire que peut-être je suis son personnage, justement pour que je pense que ce n’est pas possible qu’un personnage se demande s’il est un personnage et que donc il revienne à la logique et se dise, non je ne peux pas être un personnage, je suis une vraie personne, alors qu’il est vraiment un personnage. Alors ?