Il se peut que je n’aie pas bien compris, mais je crois que la phylogénétique nous apprend qu’un organe ou un membre durablement inutilisé s’atrophie. On parle joliment de structures vestigiales. Notre coccyx, par exemple, ou les yeux des taupes ou les ailes des autruches.
Heureusement pour les hommes, la parole n’a pas d’organe ou de membre spécifique, elle est opportuniste et les emprunte à d’autres fonctions, car il serait à craindre qu’il dégénère ou disparaisse. Hommes, je veux dire mâles, nous sommes d’accord, et plus précisément, jeunes hommes. Je les entends de moins en moins faire usage de la parole, je veux dire converser, dialoguer, donc écouter et finalement, penser. C’est une généralisation abusive, mais c’est ce que j’entends et c’est terriblement triste.