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C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
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  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55° 27' E 20° 53' S

Un Reste À Retrouver

24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 03:15

[Voici donc achevé le premier chapitre de cette curieuse histoire d’Odette. Nora n’est pourtant pas satisfaite, cela manque de sang, de sperme et de larmes ; le puzzle lui semble incomplet et elle a bien l’intention de poser les pièces manquantes, quitte à forcer un peu.]

 

Deuxième partie

Odette et Nora

 

« C’était un beau dimanche d’hiver, frais et sec. Le bal avait attiré les jeunes à Château-Chalon pour la Saint-Sylvestre. Et le vin. Comme d’habitude, Gustave et sa sœur Berthe formaient un double centre d’attraction ; leur jeu était bien réglé, les facéties et les bons mots s’enchaînaient sans répit. L’année 1893 se terminait dans l’ivresse et la joie. La nuit était tombée rapidement mais il faisait encore assez doux ; demain, le soleil monterait tard, pour le plus grand bonheur des fêtards. »

« La fatigue finit par se faire sentir et il fallut penser à dormir quelque part. Sans l’avoir organisé, ils furent une bonne trentaine à se retrouver dans la grange du Père Jacquot. Il y avait les jeunes mariés de l’année, Gustave et Lucienne, Jules et Berthe, il y avait Thérèse (mais sans son futur mari Victor, retenu par sa mère mourante), les jumeaux Bougrette de Bonnefontaine, Henri Lafaucine, le doyen de la bande du haut de ses vingt-cinq ans, il y avait Andrée, Christiane, Gabin, Éliette et quelques autres encore qui venaient de Champagnole, de Villevieux ou de Chapelle-Voland. Dans son cahier noir, Émile avait dressé une liste de trente-quatre personnes qu’il terminait ainsi : "selon le souvenir de mon oncle Gustave qui a vu." »

« On s’installa dans la grange. Il faisait sombre, seul le ciel étoilé donnait un peu de lumière par la grande porte laissée entrouverte. On but encore un peu, on commença à rire moins fort puis progressivement les ronflements prirent la relève. Gustave, en mari attentionné, honora sa jeune épouse : "je te promets, c’est la dernière fois... de l’année", s’amusa-t-il. Lucienne n’était pas contre. Elle n’éprouvait jamais de plaisir très intense mais quand Gustave l’aimait, elle était envahie par une sensation douce et apaisante, un sentiment plutôt, un sentiment de satisfaction qui la contentait. Elle était pondérée et discrète jusque dans les plaisirs charnels. Lucienne était frugale. Elle avait dix-neuf ans. »

« Gustave jouit assez rapidement comme d’habitude, il se retira comblé – la vie le gâtait, il le savait – et se tourna sur le dos, à peine reculotté. Alors que le sommeil commençait à le gagner, sa main droite lui échappa et rencontra fortuitement ce qui était, à n’en pas douter, un cul. »

« Un cul ? Il décidait provisoirement de différer son sommeil pour aller quand même vérifier. Ma foi oui, c’en était un. Et un cul qu’il lui semblait reconnaître pour le fréquenter régulièrement. Celui de Thérèse. Ou bien serait-ce celui d’Andrée ? Bref, il fit un quart de tour, caressa un peu, palpa ensuite, puis souleva jupe et jupon. Il câlina l’être accueillant à la peau douce – Gustave savait être tendre aussi – qui se retourna peu effarouché, dégrafa son corsage et s’offrit totalement, bouche, ventre, sexe. Porté par une telle prodigalité, Gustave baissa le pantalon et, sans autre forme de procès, pénétra la jolie qui ne résista pas. Il s’agita diligemment et jouit pour la deuxième fois. Il lui paraissait, au petit cri rentré perçu, qu’il n’était pas seul à avoir apprécié. Thérèse (ou Andrée ?) était coquine. Elle avait dix-sept ans. »

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