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C'est Peu Dire

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Un Reste À Retrouver

26 novembre 2017 7 26 /11 /novembre /2017 03:56

« Berthe, c’était ma tante, la sœur de mon père Gustave, oh là là, quel phénomène ! Elle ressemblait à son frère qui était de six ans son aîné. C’était une costaude, ah ça ! comme elle était joviale, et spontanée, et fringante. Elle avait l’intelligence de la terre, “câline comme le printemps, endurante comme l’hiver et gaie comme l’été” disait mon père (qui n’avait rien trouvé pour l’automne ou peut-être que j'ai oublié). »

C’était bien dit, en effet, comme Lucienne était tout en traits, discrète et solitaire, Berthe était gironde, solaire et engageante.

« Quand mon père racontait ses souvenirs de jeune homme, Berthe était toujours dans l'histoire. Ils s’entendaient bien. Elle aussi avait beaucoup d'amis ».

Disons-le ainsi : elle était passée du stade de petite fille à celui de femme sans transition et à treize ans elle avait des seins et des fesses convoités bien au-delà des frontières du canton.

« La fine équipe. Bon sang ! pour s'amuser ils s'y entendaient ».

Certes, c'étaient des surdoués du plaisir, ces deux-là. Et pourquoi les condamner ? Ils distribuaient généreusement leurs éclats de rire, sans retenue ils donnaient de la joie. Pourquoi faut-il parfois que l'innocence engendre l'horreur ?

« Elle s’était mariée un mois avant mes parents avec Jules Mandrillon. Un an après naissait Yvonne (ma chère cousine, vous commencez à la connaître) puis Émile, mon jeune cousin. Émile était né (excusez ma manie des chiffres) le 19 mars 1899 et mort sur le front le 20 juillet 1917. Ces dates sont sans importance. Ce qui n'est pas le cas de son cahier noir. »

Bon, il va falloir que j'avance un peu et vous parle du fameux cahier d’Émile qui était un des rares objets qu'Odette avait gardés de cette époque (avec quelques factures et des papiers administratifs, le tout rangé dans une mallette). Ce terrible cahier, elle l'avait remis à Nora (alors là attention, on change d'époque), c'était en mai 1981, elle allait sur ses quatre-vingt-sept ans.

Voilà le puzzle qui lentement prend forme, pièce après pièce. Gustave, mon père, Berthe, ma tante, Yvonne ma cousine, Émile, Séraphin (que vous ne connaissez pas encore) et Nora (je vous en reparlerai).

Vous trouvez peut-être l'histoire longue et lente. Vous allez vite regretter votre impatience quand vous connaîtrez la suite.

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