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C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
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  • ARNO S.
  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55° 27' E 20° 53' S

Un Reste À Retrouver

16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 03:28

« Le vieux, c'était le père de Gustave Lebouillu (lui, il travaillait pour Étienne Simon, le patron des célèbres distilleries Simon Aîné) ; c'est Gustave Lebouillu qui est venu récupérer Séraphin. Et tenez-vous bien, c'est pas fini, ils sont repassés par la distillerie pour boire un coup avec le patron. Étienne Simon a parlé de ses filles Odette et Yvonne – je vous promets que c’est vrai ! – alors mon Séraphin leur a dit "bon maintenant faut que je rentre chez mes deux cousines Odette et Yvonne, les filles de Gustave ; désolé mais y’a point d’Étienne et point de Simon sous notre toit." Alors évidemment, ils ont rigolé comme des tordus. Eh bien croyez-moi si vous voulez, Lebouillu il a acheté le Solex (pour vingt-sept mille) et il a raccompagné Séraphin en voiture jusqu'à Lons, avec une mignonnette de Prunelle de Bourgogne au vieux Cognac pour moi, un cruchon en grès de Suc Simon pour Yvonne et une bouteille de vieille eau-de-vie de marc pour Séraphin, "maintenant, du Simon il y en aura chez vous !". Et j'ai gardé le meilleur pour la fin, c'est en Simca 9, vous vous rappelez l'Aronde, que mon Séraphin est arrivé, fier comme un pape. »

« Oh là là oui, l'Aronde, ça me rappelle l'histoire de notre mariage, il faudra que je vous raconte ça aussi mais après. C’est drôle les souvenirs, ils s’accrochent ensemble comme des wagons. On en finit pas ; j’espère juste que ça intéresse un peu. »

Bien sûr, ça ne déplaisait pas à Nora d’entendre Odette lui raconter les frasques de son grand-père mais elle trouvait qu’on tardait à « plonger en eaux troubles » et elle essayait d’amener Odette à parler de son père. « Odette, j’ai déjà de quoi écrire cinq livres sur le monde retrouvé de Séraphin Bonito, pardon Bonito Oliveira, colporteur devenu vendeur à domicile. Mais je n’ai presque rien sur vos parents. La fameuse nuit de la Saint-Sylvestre, par exemple, ou bien le jour de l’enterrement du grand-père Poirette, vous vous souvenez ? »

Nora était maintenant persuadée qu’un puissant refoulement empêchait toujours Odette de verbaliser « les germes du trauma » ; il fallait faire sauter les verrous et pénétrer au cœur du « trou noir névrotique » (entre guillemets, les mots de Nora, s’il est encore utile de le préciser !)

« Bon Nora, les histoires d’Aronde, ça la fatigue un peu je crois. "Et Charles-Marie, à quoi il ressemblait ?  depuis quand vous connaissiez-vous ? il n’était pas de Baume-les-Messieurs, si ? J’aimerais en savoir plus sur lui." »

 

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