9 mars 2013
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03:00
Un mathématicien débutant vous calculera aisément le nombre de pizzas différentes que l’on pourrait composer avec une quantité limitée d’ingrédients – mettons six (tomates, câpres, olives,
mozzarella, anchois, origan) ; ce nombre est très élevé et excède de beaucoup l’offre classique. Eh bien, il en va presque de même pour la littérature, on peut calculer le nombre de livres
différents que l’on pourrait écrire avec une quantité limitée d’éléments (disons, deux mille mots) ; ce nombre est astronomique. Une question alors : pourquoi nous ressert-on les mêmes
livres avec les mêmes tomates et les mêmes olives ?
8 mars 2013
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09:27
Parfois le bruit des mots couvre leur sens.
7 mars 2013
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11:37
Ce n’est pas parce que parfois la fidélité est le masque de l’impuissance, que l’infidélité toujours est la signature de l’audace.
6 mars 2013
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03:08
La bonne nouvelle c’est qu’à force de manger vite des nourritures rapides, on digère plus vite aussi. Notre estomac travaillant moins est en train donc de diminuer de volume, puisque aussi bien
c’est la fonction qui fait l’organe, notre estomac donc est en train de diminuer de volume, c’est inévitable. On peut alors raisonnablement conjecturer une perte de plusieurs centimètres de tour
de taille, ce qui constitue un gain inestimable.
Concernant l’avenir de nos intestins, il y a lieu d’approfondir encore les recherches avant de se prononcer.
5 mars 2013
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12:40
Ceci n’est pas un spam
Je me suis mis au slam
Et la foule qui m’acclame…
4 mars 2013
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10:05
Le poète a quelque chose du pêcheur. Souvent, il s’installe à l’aube au bord de la page, rapproche l’horizon et efface le reste. Alors il rêve à peine, à quelques épopées muettes. Puis il attend,
à voix basse. Parfois il rentre bredouille, pas le moindre fretin à gribouiller. Qu’importe, il a pêché quand même, ça oui, et pendant trois bonnes heures. Il reviendra.
3 mars 2013
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13:29
Le vent sait être léger avec les promesses du soir ; la mer seulement, peut la fidélité.
2 mars 2013
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14:32
Elle avait peint sur son mur gris une grande plage de sable blanc qu’une eau turquoise et lente léchait suavement. Des cocotiers ébouriffés semblaient attendre distraitement quelques naufragés
innocents. Seules trois mouettes criardes animaient un peu ces horizons trop paisibles. De ridicules et inutiles petits crabes s’effrayaient de leur propre frayeur. Elle s’allongea sur sa natte
en se disant que faire la sieste allait bien avec le décor. Finalement, ne parvenant à trouver le sommeil, elle se déshabilla et alla nager.
1 mars 2013
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09:59
L’excès jamais ne comble le manque.
28 février 2013
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L’élève : Pourquoi ?
Le maître : Quoi ?
Le chat : On dit comment.
27 février 2013
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12:06
Mes mots sont les éclats d’un être dont je ne suis que le rêve.
26 février 2013
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11:03
On se méprend sur l’individu à considérer ses yeux et non ce qu’il regarde, mais on se trompe aussi à estimer ses héros plus que ses outils.
25 février 2013
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03:00
Que serai-je demain ? ces rêves sont engageants et ne sais quel choisir.
Aujourd’hui tu es là, les mûres sont colorées mais un peu courtes en bouche.
Il était beau hier, les filles aux nattes brunes croisées à la récré.
La vie est une leçon de conjugaison simple et complète si l’on sait éviter les temps circonflexes.
24 février 2013
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03:00
Plus rien ne bouge quand tout s’agite, la répétition épargne les questions et le bruit maintient debout.
Tout passe et rien ne se passe plus.
ARNO
23 février 2013
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03:00
Il faut savoir greffer une faim, ferrer une grive et gravir une Ève.
À l’inverse, savoir graver une FIV, férir un rêve ou gaver une fève n’est d’aucune utilité dans la vie.
Quant à grever l'ire d'une vague frigide, ça ne veut rien dire du tout !
22 février 2013
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12:24
Aux familiers du bruit, le sens paraît d’abord exotique puis clandestin et enfin importun.
21 février 2013
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21:01
La veille est-elle autre que le suspens provisoire et vain d’un essentiel sommeil ?
20 février 2013
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19:55
Nombre d’hommes, dit-on, ont le regard qui dérape quand ils conversent avec des femmes.
Il ne s’agit ni de contester ni d’excuser mais les femmes sont-elles certaines qu’elles continueraient de fixer les hommes dans le blanc des yeux si, par un caprice de la nature, ils portaient
leur sexe autour du coup ou sur l’oreille ?
19 février 2013
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21:01
De quel bois est-il fait, poète, ton crayon, pour qu’il porte si loin de si lointains souvenirs.
18 février 2013
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20:17
La crainte d’une main vengeresse ne trouble plus nos nuits tranquillisées. Demain ne nous inquiète pas et c’est bien là le problème, on ne fait plus qu’attendre et compter.
17 février 2013
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La vertu n’est rien où la jouissance n’est pas.
16 février 2013
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10:56
Il faut, pour séduire, donner ce qui est attendu et l’affaire est conclue. Étonner, c’est autre chose, il faut insatisfaire.
15 février 2013
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03:00
« Too cool » aurait dit Héraclite dans un franglais approximatif lors de son premier (et dernier) séjour sur la Riviera sans que l’on sache s’il voulait dire « c’est trop
froid pour se baigner » ou « c’est trop cool d’être ici, on s’ennuie à Éphèse ». Les traducteurs grecs, qui ne parlaient pas l’anglais, n’ont rien compris et ont opté
pour panta rhei.
ARNO
14 février 2013
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03:07
Souvent, les poèmes écrits la nuit gardent même en plein jour une obscurité hésitante.
ARNO
13 février 2013
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03:00
La langue s’appauvrit, dit-on, je ne sais. Et ne sais pas non plus si l’on peut vérifier la chose.
Ce qui m’apparaît incontestable en revanche c’est qu’elle perd en odeurs : la langue ne sent plus très fort. Je n’entends plus de mots qui sentent le varech ou la tourbe, la Boyard maïs ou
le patchouli.