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C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
  • : LA PHRASE DU JOUR. Une "minime" quotidienne, modestement absurde, délibérément aléatoire, conceptuellement festive. Depuis octobre 2007
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Et Moi

  • ARNO
  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55°32 E 21°08 S.

Un Reste À Retrouver

6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 02:45

À quel âge les lapins de Garenne deviennent-ils presbytes ?

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 06:37

Le lion voit la gazelle parce qu’il a faim ; repu, il perd la vue.

Le monde est l’œuvre du besoin.

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 08:34

S

Ceci n’est pas un serpent ; ce serait trop facile – ni sornettes ni sonnettes. Pas un spectre ; trop symétrique. Pas un sentier non plus, c’est sûr, ou ce serait une impasse. Le S n’est pas un essai ni une esquisse ; trop stylé. Il est si bien dessiné, si subtilement tracé.

Mais que signifie-t-il ? Quel est le secret du S ? De quoi ce S est-il le son ? Serait-ce un signe cabalistique ? Un six ou un huit, discrètement dissimulés ? Serait-ce le symbole d’une transcendance mystérieuse ? Plus simplement le S pourrait être un cygne noir glissant sur la ligne avec élégance ; un oiseau sacré qui se déplacerait avec grâce et souplesse ; une déesse ensommeillée qui commencerait à se redresser, déjà séduisante, prête à ensorceler.

Le S a-t-il un sens ?  Le sait-on ? Le S a-t-il une direction ? On est déboussolé. En un sens, il progresse sans nostalgie, on sent sa puissance et son ambition, il veut réussir ; mais le S aussi, semble statique, comme s’il s’était installé dans un passé qui ne passe pas, suffisant et boursoufflé, ne souhaitant plus avancer, satisfait de son statut.

Serait-ce un chemin sans issue que l’on escalade jusqu’au sommet puis redescend, en recommençant sans fin, tel un Sisyphe obsessionnel, ascension, descente, ascension, descente… Une lettre ne survit pas seule, il lui faut s’associer et former un syntagme. Comment faire pour sauter à la syllabe suivante ? Un S qui commence, peut ne jamais cesser, SSS… SSS… SSS…, comme un souffle qui siffle sur nos textes, puis fait silence, puis siffle, puis fait silence…

Mais bien sûr ! C’est ça ! Diastole et systole, voici le secret du S. Des mots savants pour la chose la plus simple qui soit. Le S, c’est le souffle. Les sages disaient aussi psychè ou esprit, mais c’est du souffle qu’il s’agit : inspire, expire, inspire, expire. Couchez-le, vous avez une belle sinusoïde qui explicite l’alternance. C’est simplement ça, mais c’est considérable. C’est époustouflant ce que ça peut un souffle : ça console, ça berce, ça pacifie, ça rassure bien sûr, mais ça consolide aussi, ça stimule, ça renforce, ça excite, ça émoustille. Force, douceur. C’est insensé ! C’est le sang qui circule et les sens qui s’éveillent, c’est la vie qui s’anime, le sexe qui se dresse, les saisons qui fleurissent, c’est la chanson de l’existence et la romance de la santé. Tout cela et plus, beaucoup plus encore.

On ne peut s’en lasser, ces cycles ressassés sonnent et serinent la même leçon, mais on ne peut s’en passer.

Alors, soigne tes Ss et prends soin de ton souffle.

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3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 02:27

María Anabela Alonzo, ma correspondante espagnole, a repris contact avec moi après un long silence. Elle m’avait fait découvrir Paco de Lucía et la tortilla de patatas ; je lui avais appris le slow et le french kiss. Anabela ! à l’évocation de son prénom d’émouvants souvenirs me reviennent. Anabela ! nous étions jeunes et amoureux.

La suite de son mail m’a aidé à recouvrer mes esprits. Elle cherchait une famille de correspondants pour sa petite-fille de quinze ans.

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 02:09

Connais-toi toi-même, a dit le sage, et ne t’attends pas à des miracles, aurait-il ajouté à voix basse.

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1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 02:19

Alors, je ferai dire à ceux qui reprochent aux berniques leur manque de curiosité et d’ambition que ces gastéropodes changent radicalement de milieu à chaque marée et ont des vies certainement plus aventureuses et diversifiées que nombre de touristes qui ne se déplacent jamais que pour retrouver ailleurs leur environnement.

Et toc!

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31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 02:19

– Bon, eh bien le résultat n’est pas terrible.

– D’accord, mais tu n’es pas responsable, Dieu.

– C’est bien ça le problème, Pierre. Si c’était à refaire, je créerais le genre humain avec un instinct de justice.

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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 02:58

Je n’ai pas assez de patience, alors je rentre écrire, mais je n’ai pas assez de force, alors je sors vivre. Et je fais ainsi, d’incessants va-et-vient, entre le monde et mon bureau. Voici la cause, sans doute, de la nature nomade de mon esprit et du joli galbe de mes mollets.

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29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 02:59

IGV

Comme les TGV aujourd’hui traversent les gares sans s’arrêter, les idées me traversent l’esprit, disparaissant avant même que j’aie pu les saluer.

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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 02:49

R

L’R est une errance.

Il a quand même un drôle d’air, l’R, comme un signe errant qui hésite entre plusieurs lettres. On dirait un P qui s’est laissé pousser un membre supplémentaire pour tenir droit. Ou un B qui n’arrive plus à courber son arc du bas, à cause d’un problème articulaire probablement. Ça pourrait être un K qui a fermé son toit ouvrant. Un A qui a pris un uppercut dans le ventre et a une grosse bosse sur le front. Versatile, l’R se cherche et tergiverse. C’est embarrassant cette lettre qui ne ressemble à rien.

En plus de ces errements graphiques, on ignore dans quelle direction il va. Regardez, vers la droite il ressemble à un troufion, un sergent repu peut-être, qui marche au pas malgré son gros ventre ceinturé, prêt à brusquer la lettre d’après. Vers la gauche, on dirait un baroudeur, regard rentré, qui porte un sac à dos bien rond et bien chargé. Il s’est perdu, le marcheur à l’envers, il se trompe de sens et retourne au début de la ligne, vers la marge. Il est vrai aussi que le mot erre peut se lire dans les deux sens ; les palindromes font perdre le nord, ils distraient les lettrés mais désorientent les militaires et exaspèrent les sédentaires.

Allez – l’avouerai-je ? – je n’apprécie ni l’R, la lettre (ou le R, on ne sait même pas comment l’écrire), ni erre, le mot (et je renonce à prononcer errance, rien qu’à le dire, j’ai envie de vomir, quelle horreur cette odeur !). C’est bizarre, j’abhorre et le bruit et le trait, mais j’adore la chose représentée. L’errance. Errer. Erratique, même. L’errance, c’est le délire des routes qui s’égarent, des périples qui s’entrelacent pour former une gerbe d’aventures. Errer, c’est se perdre au gré des désirs et se retrouver, harassés mais heureux, ridés mais ravis. Chemins de traverse et rencontres imprévues ; histoires buissonnières et erreurs partagées ; aberrations très sérieuses et rires absurdes ; ordres dérangés et plaisirs inordinaires.

Errer, c’est être, mais autrement, avec un air curieux, un accent en moins et une orthographe approximative. Errer, c’est devenir un autre, devenir des autres, se découvrir et découvrir.

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 08:29

On s’extasie devant les logiciels de vieillissement. À quoi ressemblerez-vous dans quinze ans ?

Encore un matériel totalement inutile ; mon miroir fait parfaitement le travail.

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26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 02:00

Il n’est pas certain que le retour de la guerre froide compense le réchauffement climatique.

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25 juillet 2020 6 25 /07 /juillet /2020 02:46

Je me demande si parfois, planant à cinq cents mètres de haut, l’aigle royal en vient à envier le crapaud ou le ver de terre : « ah ! comme j’aimerais coasser ! » ou bien « quel dommage que je ne sache ramper ! ».

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 07:48

Comme pour un barrage, la rétention de sentiments donne une impression de puissance et de calme, mais elle assèche les environs et provoque d’importants dégâts en cas de rupture des retenues.

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 02:07

La poésie. Sans raison.

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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 02:49

A

Le A est un abri.

Il y a A et non-A, dit le mathématicien, il faut faire un choix. Il y a abri et sans-abri, dit aussi la vie au quotidien ; enfin, sans abri, la vie s’en va vite et vous abandonne à un quotidien abîmé et vacant. Sans abri. Comme une vie sans soir et sans matin, comme un chemin noir sans étapes, une phrase sans point – bla bla bla bla bla. A écartelé, comme un corps sans bras pour embrasser, pour enlacer ou pour saluer et accueillir. A décapité, comme une tête sans toit pour les idées qui partent et s'égarent alors et ne rentrent pas ; comme une bouche sans voix, qui marmonne un peu, qui balbutie mais ne parle pas et ne répond pas ; comme une face sans visage, qui ne regarde pas. Un moi errant, qui n’a pas son toi, qui change de place, que l’on déplace et qui s’absente. Il est là et non-là, à la fois, sans faire de choix.

Le A est la première lettre parce que ça commence là. Une cabane dans les bois, une masure, une baraque, une case ou une villa, une toile de tente, n’importe quoi, et même un palais royal, mais un abri, un abri qui ferme. Pour ouvrir. Un dedans pour saluer le dehors ; une cache pour honorer l’espace. Un ici pour aller voir ailleurs si j’y suis aussi, là-bas. Le dedans, c’est l’alibi : « je sors ! ». Sans abri, pas de sorties, pas d’échappées, pas d’escapades. Sans abri, pas de départs, pas de retours, pas de cœur qui bat. Pas de larmes séparées, pas de joies retrouvées, sans abri.

Le A est un abri, mais pas pour enfermer, au contraire, un mur et un toit pour protéger le regard et préserver le passage. Une barre verticale qui penche un peu à droite et s’appuie sur une autre barre verticale qui penche un peu à gauche et une troisième barre horizontale qui sépare l’étage et le bas. Le A est un abri, mais pas pour barrer, au contraire, pour trouer les pages et animer les images : une petite lucarne en haut pour appeler au voyage et une porte géante en bas, toujours grande ouverte, pour prendre soin du nomade qui habite au fond de toi.   

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21 juillet 2020 2 21 /07 /juillet /2020 02:32

– L’écrivain (non sans arrogance) : Ce n’est pas parce que tu ne comprends pas ce que tu lis que c’est futile.

– Le lecteur (non sans insolence) : Ce n’est pas parce que tu ne comprends pas ce que tu écris que c’est subtil.

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 02:35

LNP

La tarte n’est pas l’écritoire.

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19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 03:30

– Ziva, eh j’men balec, boug’ de là.

– Mais… euh… c’est ton texte, ça ?

– Oui pourquoi ?

– Comment ça pourquoi ? Il n’y a rien qui te choque ?

– Oh, Monsieur est choqué ! Mais crétin, tu n’as pas compris que tu n’es qu’un ridicule petit acteur, une bouche, un bruit, un minuscule tiret de dialogue, c’est-à-dire, très exactement, rien.

– Je sais bien, mais quand même, on peut choisir nos textes.

– Tu ne choisis rien. Tu es une mécanique sonore, un rouage qui grince plus ou moins. Mais tu sais quoi, grand sage ? Le crétin d’auteur qui nous fait parler ne choisit pas non plus. Il est soumis à ce qui lui passe par la tête. Complètement sous contrôle.

– Oui mais c’est sa tête, ses idées, ses mots à lui. C’est lui qui invente et trie.

– Euh, s’il triait, ça se saurait. Il n’invente rien du tout ; je te le dis, c’est une antenne-relais, un transmetteur docile qui se prend pour un auteur rebelle. Je me marre !

– Alors il faut que tu m’expliques qui est le véritable émetteur. Qui parle vraiment ? Qui pense ?

– C’est ça le seul truc intéressant dans l’histoire. C’est qu’il n’y a pas d’émetteur initial. On répète tous et on copie quelque chose qui n’a pas d’original.

– Arrête, tout ça n’a aucun sens.

– D’accord avec toi, pour une fois.

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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 03:04

Le secret ne dure qu’à cesser de l’être – un peu. (Comme le bout du pied qui dépasse, un peu, et révèle le corps caché sous la couette.)

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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 02:34

Mais qu’ont-elles toutes à me tourner autour ? Pour qui se prennent-elles ? Elles n’ont aucune chance. Trop ternes ; trop rondes. Pas assez… solaires. Il y a bien Terre, pensait Soleil, qui est différente, d’un joli bleu, mais elle écoute de la mauvaise musique.

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16 juillet 2020 4 16 /07 /juillet /2020 02:45

V

Le V est une vallée. C’est évident et on se demande bien pourquoi ‘ver solitaire’ et ‘verbe intransitif’ commencent par V. C’est comme ‘violon’, ‘véranda’, ‘voyou’, ‘vodka’, ‘viande hachée’ ou ‘maladie vénérienne’, vraiment, on ne voit pas le rapport ! Le V est une vallée, il faut être aveugle pour ne pas le voir. Ou un vase à la rigueur. Ça pourrait être une vulve, mais la vulve est plus ovoïde que « voïde » ; quant aux verges en V – il y en a de toutes les formes –, visuellement elles surprennent, mais elles manquent de vigueur, elles végètent et ne font pas très viriles, personne ne se vante d’en avoir une en V. Je reviens au vase. Attention, les vases en V sont instables et se renversent vite si on manque de vigilance ; alors, autant laisser les violettes sauvages et les lys dans la vallée, mettre son vase à l’envers et en faire une cloche pour couvrir les fromages ou un chapeau bavarois. Il est des êtres vivants qui voyagent bien, les virus, les VRP ou les colverts, mais les violettes sauvages, non, elles veulent rester dans la vallée avec leurs voisins, les rivières et le vent, les vaches et la véronique des ruisseaux ou la valériane des collines.

Dans les livres, on parle toujours du fond de la vallée, là où se trouve un petit village verdoyant, aux visages avenants, mais n’oublions pas les versants, les ravines et les crêtes du V. Pas de vallées sans montagnes ; pas de rivière sans rives, pas de rives sans rivière ; pas de bruit sans silence ; pas de lettres sans espaces. La vallée est un monde et la montagne est son avenir – ou peut-être est-ce l’inverse ?

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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 03:11

La nature ignore les crises, les drames, les catastrophes.

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 07:48

C’est mal d’enfermer un zèbre dans un zoo, en plus c’est redondant.

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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 09:27

Allez, avouez-le – et rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul –, vous vous apitoyez plus facilement sur le sort malheureux de votre ami (et partagez très sincèrement sa douleur) que vous vous réjouissez de ses succès (qui sont d’ailleurs, le plus souvent, peu justifiés).

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