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C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
  • : LA PHRASE DU JOUR. Une "minime" quotidienne, modestement absurde, délibérément aléatoire, conceptuellement festive. Depuis octobre 2007
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  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55° 27' E 20° 53' S

Un Reste À Retrouver

10 février 2018 6 10 /02 /février /2018 03:51

« C’est vrai que je ne parle que de Séraphin et d’Yvonne mais Nora aussi a ses obsessions (pardon Nora, mais c’est vrai !). Par exemple elle veut tout le temps vérifier la liste exacte de tous ceux qui étaient dans la grange du père Jacquot à Château-Chalon "la fameuse nuit" du 31 décembre 1893, enfin c’est elle qui dit fameuse nuit, j’ai jamais compris pourquoi. Alors on y est allées plusieurs fois, à Chalon, dans sa voiture ; au début ça m’amusait ces promenades mais on tournait quand même en rond, bien sûr que je reconnaissais pas. Je ne reconnaissais rien. On essayait de demander mais y’avait que des jeunes à motocyclette et des touristes. On rentrait toujours bredouille. Et puis un jour, elle est venue et m’a dit "Odette, on part en promenade temporelle" et vous savez où elle m’a emmenée ? Devant un supermarché ATAC. Voilà où était la grange, "on avance Odette, on est dans la matrice narrative" elle disait, ou quelque chose comme ça. Quel drôle de nom pour un supermarché ! »

« Elle m’a fait descendre et nous avons marché un peu, elle m’observait, je voyais bien qu’elle attendait quelque chose. Moi je cherchais dans ma mémoire, je me concentrais, est-ce que Gustave avait parlé de cette fête de la Saint-Sylvestre ; il en faisait tellement des fêtes. Oui ils se retrouvaient des fois, avec ses amis, dans la grange, mais ce que je voyais moi c’est les gens qui sortaient de l’ATAC avec leur chariot plein. Point de Gustave, point de Berthe ! »

 

Décidément, Odette était de plus en plus à l’aise avec le magnétophone, elle mélangeait les époques, se mettait à commenter son présent et envoyait des clins d’œil à Nora. Nora le prenait bien, elle savait que ce n’était rien de plus qu’une petite plaisanterie. Cela étant, elle notait que la formule « fameuse nuit » avait retenu son attention. Ce qu’Odette ne savait pas, c’est qu’elle n’était pas de Nora, cette formule, mais d’Émile qui ouvrait la liste des participants déjà évoquée par le titre « nuit fameuse de la Saint-Sylvestre 1894 ».

Nora s’expliqua quand même. « Odette, j’ai bien aimé votre dernier enregistrement sur nos promenades mais je préférerais que vous me racontiez votre passé plutôt que mon présent ! »

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